PIERRE-JOSEPH LÉCRIVAIN
MAITRE PEINTRE DOREUR ET MARCHAND d’eSTAMPES.
6 septembre lySS. .
Nous sommes ici chez un marchand d’estampes. Le titre donné au défunt l’annonce et tout le document confirme la qualification du préambule. Ce marchand occupait même deux boutiques dans une des maisons bâties sur l’emplacement de l’ancien hôtel de Choiseul et situées sur le boulevard de la Comédie-Italienne ou
PIERRE-JOSEPH LECRIVAIN.
des Italiens. Son loyer s’élevait à 1,700 livres, somme vraiment élevée pour le temps. C’est comme représentant et procureur du duc du Châtelet, exécuteur du testament du duc de Choiseul- Amboise, pair de France, marquis de Stainville et ministre d’Etat, que le s. Pierre Huguet, avocat en Parlement, requiert le commissaire J.-B.-Philippe Dubois d’apposer les scellés, pour sûreté des loyers, sur les meubles et effets du s. Pierre-Joseph Lécrivain, maître peintre et doreur, et marchand d’estampes, décédé (il s’était pendu à la suite d’une maladie incurable) le mardi, 6 septembre lySS, dans les lieux qu’il occupait, en vertu d’un bail signé le i3 octobre de l’année précédente.
On comprendra que nous n’entrions pas dans de grands développements à propos du scellé d’un simple marchand. Nous nous contenterons d’y relever quelques particularités curieuses.
Aucun détail sur le mobilier. Les héritiers du défunt sont Jacques Lccrivain, son père, laboureur à Meinéville-le-Bingard, au diocèse de Coutances, et son frère, précepteur au collège d’Harcourt. Ils chargent le notaire Pierre-Philippe Dehérain de faire l’inventaire. L’estimation des marchandises est confiée à Louis- Joseph Mondhart et François-Jules-Gabriel Depeuille, tous deux marchands d’estampes, demeurant rue Jean-de- Beauvais et rue Saint-Denis.
Les oppositions sont nombreuses ; voici celles qui, à un titre quelconque, méritent d’être signalées :
Étienne-Léon Poignant, marchand d’estampes, rue et hôtel Serpente, agissant tant en son nom qu’en celui de Pierre-François Basan, son associé, réclamant une somme de 6,g32 livres, 16 sols, 6 deniers, à eux due par le défunt, tant pour billets souscrits que pour compte courant.
Figurent encore parmi les opposants : Campion frères, marchands d’estampes, rue Saint-Jacques; Crépy, idem, même rue; Vidal, graveur et marchand d’estampes, rue de la Harpe ; Ghéreau, marchand d’estampes, rue des Mathurins, aux Deux-Piliers d’or; Breton, marchande d’estampes, rue du Chantre; Pascal Noseda, opticien et marchand d’estampes, demeurant dans les bâtiments neufs du Palais-Royal, arcade n“ g3, qui vient déclarer avoir reçu, en garantie du prix de différentes estampes anglaises remises au défunt, un rouleau de cent quinze estampes environ qu’il rapporte et représente.
NOUV. ARCH. DE l’aRT FR. l885