‹ Scellés et inventaires d'artistesChapitre 107 sur 154 · NICOLAS FOUCHÉ · texte numérisé non relu

NICOLAS FOUCHÉ

PEINTRE DE l’aCADÉMIE DE SAINT-LUC.

3o avril 1733.

Apposition de scellés, le 3o avril ijSS, après le décès de iVfcolas Fouché, peintre de l’Académie de Saint-Luc, en son domicile rue Neuve-des-Petits-Ghamps , à la requête de Raimond Lescot, maître chirurgien juré à Paris, rue Gaillon, « donataire particulier dud. feu s. Fouché d’une partie de 260 livres de rente annuelle et perpétuelle au principal de 10,200 livres, constituée sur les Aides et Gabelles au profit dud. feu s. Fouché par le prévôt des marchands et échevins de cette ville, par contrat passé devant M' Portier, notaire au Châtelet de Paris, le 5 avril 1721, suivant le contrat de donation en bonne forme passé devant led. M“ Portier, notaire, le 20 janvier 1725..., pour jouir de lad. rente du jour du décès dud. s. Fouché qui s’en estoit réservé l’usufruit, et encore led. s. Lescot, créancier dud. feu s. Fouché de sommes considérables résultant de ses pensions, nouritures, logement, soin dans ses maladies et celle dont il est déceddé. »

L’inventaire est fait par Gérard-Claude Bapteste , notaire au Châtelet.

Parmi les effets en évidence, il n’y a à signaler qu’un tableau peint sur toile représentant le défunt, des livres de dessin, une cuiller, une fourchette et un couteau à manche d’argent d’Allemagne.

(Arch. nat., Y 13743.)

JEAN RAOUX

PEINTRE ORDINAIRE DU ROI ET DE l’aCADÉMIE.

10 février 1734.

Apposition de scellés, le mercredi 10 février 1734, par le commissaire Gharles-Prançois Cleret, sur les meubles du s. Jean

JEAN RAOUX

Raoux^i peintre ordinaire du Roi et de l’Académie de peinture, décédé le même jour vers les onze heures, au deuxième étage d’une maison, sise rue Saint-Honoré, près les Feuillans, dont le s. Bourgeois, épicier, est le principal locataire ; à la requête de Pierre Porlier, conseiller du Roi en ses Conseils, maître ordinaire en sa Chambre des Comptes, demeurant enclos et paroisse Sainte- Marie du Temple, en qualité d’exécuteur testamentaire du défunt.

Objets trouvés en évidence :

Dans un buffet s’est trouvé : sept cuillères, sept fourchettes, une cuillère à ragoût, une écuelle couverte, deux flambeaux, une mouchette et son porte mouchette, une salière à deux côtés, le tout d’argent.

S’est trouvé en évidence dans l’antichambre : une tenture de tapisserie de cuir doré; un trumeau de deux glaces sur la cheminée et au-dessus un portrait imparfait, représentant une femme qui allume du feu; quatre tableaux, dont deux petits et deux moyens dans leurs bordures dorées, représentant différents sujets; un autre petit tableau dans une petite bordure dorée représentant un édifice.

Dans une grande chambre à côté ; une tenture de tapisserie verdure de six pièces ; une pendulle de marquetterie sur son pied de même; une boîte à pallette servant à la profession de peintre; trente-neuf tableaux, tant grands que petits, partie finis et partie ébauchés, tous sans bordures.

Dans la chambre où led. deffunt est décédé : un grand tableau dans sa bordure de bois doré représentant Bacus ; un trumeau d’une seulle glace; un tableau sans bordure

I. Jean Raoux, né à Montpellier en 1677, admis à l’Académie le 28 août 1717 sur la présentation d’un tableau de la fable de Pygmalion, a peint surtout des portraits et des tableaux de genre. Son esprit, sa gaîté contribuèrent à son succès. Le Louvre a de lui une toile assez médiocre : Télémaque racontant ses aventures à Calypso (n“ 464 du Cat. de l’École française).

JEAN RAOUX

au-dessus dud. trumeau; une pendulle sonnante dans sa boite de marqueterie; un autre petit tableau sans bordure.

Dans un autre petit cabinet à côté : deux tableaux dont un petit ; une vieille épée.

Dans une petite chambre au troisième étage ; un tableau représentant des Musiciennes ^ led. tableau sans bordure; deux morceaux de tapisserie de cuir doré ; deux tableaux sans bordure de différentes grandeurs; deux habits couleur de maron, un de soye et l’autre d’été; un autre gris garni de galon d’or ; la veste de même doublé de soye ; une redingotte de drap gris avec son collet de velour; un autre habit d’été, de mosaïque doublé de soye; une veste de drap gris garni d’un galon d’argent; plus une canne jonc à pomme d’or ; une épée d’acier doré.

Dans un petit cabinet à costé sur l’escalier : un tas d’estampes de M. l’évesque de Montpellier ; un tas d’autres estampes de différents sujets, dix volumes de livres in-12 et in-4, le Dictionnaire de Moréri en deux volumes, trente tableaux de différentes façons, sans bordures, tant sur bois que sur toille; un livre de modèle.

Suivent les oppositions. Parmi les opposants à la levée des scellés figurent un menuisier, un apothicaire, Martin Guérin, maître chirurgien, chirurgien major des gardes françaises, Jean- Baptiste Boyer, docteur en médecine de la faculté de Montpellier, docteur régent en la faculté de Paris, Guillaume Cousteau, chirurgien, Claude-Ignace Dufour, maître peintre et sculpteur, et ancien directeur de l’Académie de Saint-Luc, enfin Jean-Claude Lemaire, maître peintre, demeurant rue de Grenelle-Saint-Honoré, « pour seureté et avoir payement de la somme de 2,740 livres

I. Raoiix, étant de Montpellier, était peut-être chargé d’achats d’estampes par l’évêque de cette ville. Mais il semble plus probable cependant qu’il s’agit ici d’épreuves d’un portrait de l’évêque dont la planche est signalée plus loin.

NOUV. ARCH. DE l’aRT FR. 1 883 2Q

JEAN RAOUX

pour ouvrages faits en les tableaux dud. deffunt s. Raoux, depuis et compris 1717 jusques et compris l’année 1733, et pour autres causes et raisons à déduire en temps et lieu. »

Les héritières et légataires universelles en vertu du testament reçu par Caron et Bronod, notaires, le 10 novembre 1733 et du codicille reçu par deLanglard et Bronod, le 9 février 1734, sont les trois nièces du défunt : Françoise Raoux, épouse de Jean Girard, chirurgien à Montpellier, Catherine Raoux, épouse àt Jean Baron, peintre à Montpellier, et Françoise Raoux, mineure, représentée par Thomas-Simon Gueullette, substitut du procureur du Roi au Châtelet. L’inventaire est fait par Louis Bronod, notaire, et la prisée par le s. de la Vergnolle, de l’avis de Pierre Testard, peintre de l’Académie de Saint-Luc, demeurant rue Neuve-des- Petits-Champs.

Dans une armoire de bois de sapin est trouvée une planche en cuivre du portrait de M. l’évesque de Montpellier!. Le procèsverbal ne dit pas si le portrait était de Raoux.

Les 18, ig, 20, 22 et 23 mars, a lieu l’inventaire des tableaux et estampes, puis successivement de la vaisselle d’argent, des jetons et enfin des papiers.

(Arch. nat., Y 1 1 153.)

NICOLAS ALARD

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