PHILIPPE VARIN
d’une chambre, une boeste à montre dorée et sculptée ; douze tableaux de différentes grandeurs dans leurs bordures sculptées ; cinq modèles représentant difîérens sujets ; sur une fenêtre deux vases sculptés ; une estampe représentant le Jugement ; un tableau représentant la Fuite d'Égypte, dans sa bordure de bois doré ; un Christ sur son velours, dans sa bordure de bois doré; cartons d’estampes et dessins.
L’atelier ne contenait que des modèles en plâtre de peu d’importance.
L’inventaire est fait par Guillaume-Pierre Champia, notaire, de l’avis de Jean-Baptiste Pitoin, sculpteur, demeurant rue Boucherat, désigné par la veuve, et de François Henry, aussi sculpteur, rue Jean-Beausire, choisi par les autres héritiers. Les opérations durent du i3 au i8 mars.
Parmi les oppositions, on remarque celles de Philippe Davier, sieur de Breville, médecin de la reine, seconde douairière d’Espagne, et docteur régent de la faculté de médecine de Paris, pour visites et consultations; — de Guillaume Guérin, maître charpentier, propriétaire en partie de la maison du défunt, pour loyers ; ce même opposant rapporte quatre pièces que le défunt lui avait remises et desquelles il résulte que le s. Varin possédait deux maisons, l’une située rue de Charonne et louée 25o livres par an, et l’autre rue Troussevache, à l’enseigne du Lion d’Or, louée à François Mellier, fondeur, 36o livres par an. Il faut ajouter que ces locataires paraissent avoir très irrégulièrement acquitté leurs loyers.
Le s. Varin était, en outre, propriétaire ou co-propriétaire d’une maison située rue Maubuée, dont les titres sont remis à son frère.
Notons encore l’opposition de François Henry, maître sculpteur, rue Jean-Beausire, réclamant une somme de 25 livres, en nantissement de laquelle le défunt lui avait remis deux tableaux représentant tous deux la Vierge et Venfant Jésus, avec leurs bordures, plus un petit miroir carré, un tric-trac ployant et deux tomes in-folio de l’histoire de France, Le s. François Henry, on le voit, prenait ses sûretés quand il prêtait une somme, si minime qu’elle fût.
(Arch. nat., Y i55g6.)
JEAN SEVESTRE
JEAN SEVESTRE
MAITRE PEINTRE
26 mars 1737.
L’atelier du s. Sevestre est une véritable boutique de tableaux, ainsi qu’on en pourra juger par l’énumération des peintures trouvées en évidence par le commissaire André- François Le Clair. Les sujets religieux dominent; ceux-là sont évidemment d’une vente plus courante que tous autres.
Le sieur Jean Sevestre, maître peintre à Paris, meurt le 26 mars l'j'ij, sur les deux heures de relevée, au premier étage d’une maison du quai Pelletier, appartenant au s. Caillemer. Il ne laisse ni femme ni enfants. Son unique héritière est une sœur, Marie-Anne Sevestre, religieuse à Autun, représentée par Pierre Mongreux, bourgeois de Paris, demeurant rue Geoffroy- Lasnier. Il charge le notaire, Pierre-François Masson, de dresser l’inventaire. Parmi les opposants, figurent : le s. Jean Hémar, marchand de fer à Paris, réclamant deux tableaux sans bordures^ dont un de six pieds et demi de large, sur 4 pieds 3 pouces de haut, sur toile, représentant un paysage avec personnages, chevaux et moutons, et l’autre, aussi sur toile, dessus de porte, représentant tapis et perroquet, lesquels il avait remis au s. Sevestre pour les vernir; — le s. Mathias Racle, essayeur particulier de la Monnaie de Paris, réclamant un petit tableau d’environ un pied et demi en carré, peint sur bois, représentant Y Adoration des Rois, fait par Jamblin, qu’il avait donné à nettoyer au défunt Sevestre. Ces détails précisent bien la nature des occupations professionnelles du s. Jean Sevestre.
Opposition des gardes en charge de la communauté des maîtres peintres sculpteurs de l’Académie de Saint-Luc; — enfin, de Jeanne Gallet, fille majeure, servante du défunt, réclamant ses gages, plus une somme de 2,000 livres qu’elle dit lui avoir été léguée par testament olographe du i'*- mars, déposé chez maître Deshayes, notaire. L’inventaire ne donne lieu à aucun incident. Voici la liste des tableaux et objets d’art trouvés en évidence lors de l’apposition des scellés :
JEAN SEVESTRE
Dans lad. grande chambre ; Deux petites statues, quatre bustes de plâtre peints en bronze, trois boules de marbre et une main de même; item, deux goblets d’argent en timballe, une cuillière et une fourchette de même; une vieille tapisserie de Bergame faisant le tour de lad. chambre, contenant environ 12 aulnes de cours, à laquelle tapisserie se sont trouvez attachez les tableaux qui suivent :
Premièrement, un grand tableau peint sur mille représentant un Christ dans sa bordure de bois doré;
Item, un autre grand tableau peint sur mille, représentant une Reine, dans sa bordure neuve de bois sculpté doré; deux tableaux estampes, dont un portrait et l’autre une Sainte famille; un autre petit tableau peint sur mille, représentant un Enlèvement de saint Paul; un autre tableau ovalle peint sur toille portrait, dans sa bordure de bois doré ; un autre tableau carré, peint sur toille, dans sa bordure de bois doré, représentant Jésus- Christ dans le Temple ; un autre grand tableau peint sur toille dans sa bordure de bois doré, représentant Lot avec ses filles; un autre tableau peint sur toille, représentant le grand Alexandre avec son médecin^ dans sa bordure de bois doré; un autre très grand tableau peint sur toille, dans sa bordure de bois doré, représentant V Adoration des trois Rois ; un autre tableau moyen quarré, peint sur toille, dans sa bordure de bois doré, représentant un pot de fleurs^ un autre tableau, plus petit, peint sur toille, dans sa bordure de bois doré, représentant une Vierge; une bordure de bois sculpté doré.
Dans une autre petite chambre au premier étage, de l’autre costé de Tescalier :
Deux grands tableaux peints sur toille, sans bordure.
JEAN SEVESTRE
représentant un Neptune et l’autre Vénus sur les eaux; un autre tableau, sans bordure, peint sur loille, représentant une Bataille ; un autre petit tableau peint sur toille, sans bordure, représentant une liseuse; un autre petit tableau peint sur toille, dans un filletde bois doré, représentant un Paysage; un autre tableau ovalle, peint sur toille, représentant le Seigneur ressuscité^ dans sa bordure de bois doré ; un autre tableau quarré, peint sur toille, dans sa bordure de bois doré, représentant un Paysage; un autre grand tableau peint sur toille, dans sa bordure de bois doré, représentant le Massacre des Innocents; un autre grand tableau peint sur toille, représentant la Crèche, dans sa bordure de bois doré; un autre tableau peint sur toille, représentant Eve et Adam avec Cahin, dans sa bordure de bois doré; un autre grand tableau peint sur toille, sans bordure, représentant un Paysage; un grand tableau peint sur toille, sans bordure, représentant un Christ ; un autre grand tableau aussy peint sur toille, représentant les Pèlerins d'^Emahus, sans bordure; item, dix cadres de bois sculpté doré, cinq autres cadres de bois sculpté; deux chevalets, une boitte à couleur de bois de chesne, trois estampes dont une représente différents sujets armoiriés des armes de France et de Monsieur d’Orléans, l’autre le Maître d’école fouetté ex le troisième dédié à l’Accadémie royalle de peinture et sculpture par Audran.
(Arch. nat., Y iSgig.)