‹ Scellés et inventaires d'artistesChapitre 58 sur 154 · PIÈCES ANNEXES · texte numérisé non relu

PIÈCES ANNEXES

LETTRE DE M, DE LA CHAPELLE DU l3 AOUST 169O

Au sujet de la vérification de tous les tableaux et desseins du Roy sous le scellé de M. Le Brun — à garder.

A Paris, le i3 aoust 1690.

Je vous renvoyé, Monsieur, l’inventaire original des tableaux du Roy, signé de M. Le Brun, avec l’additioi à l’inventaire non signée, tel que le s^ Paillet me la aporté de vostre part. J’ai creu qu’il estoit de mon respect de vous laisser le soin de biffer vous-même k signature dud. s’’ Le Brun., lorsqu’on aura fait à Versailles la même vérification que J’ai faite icy sur lec. inventaire. J’y ay mis à costé de chaque article ce qui s’est trouvé à Paris, tant à l’hostel de Grammont qu’aux grands cabinets du Louvre, sous la garde du s'^ Houasse. Cette vérification s’est faite en présence des s*"® Houasse et Paillet; le sr commissaire Priou faisoit en même temps la vérification de l’inventaire qu’il avoit fait sans scellé des bronzes, ivoires, ouvrages de marbre, basreliefs et bustes de terre cuite et tableaux qui estoient sous la garde dud. s*" Houasse dans lesd. lieux, lequel inventaire avoit esté fait par led. commissaire deux jours après la mort dud. s*’ Le Brun. Vous aurés l’expédition de cet inventaire, signé dud. commissaire, dès qu’il l’aura faite. Les s''® Houasse et Paillet ont certifié réciproquement sur leurs doubles d’inventaires, le premier, les choses qui sont à Paris, le second, celles qui sont à Versailles. Le s" Paillet pourra vous faire

CHARLES LE BRUN. l5l

voir son inventaire ainsy apostilé réciproquement qu’il remporte avec luy.

La même vérification réciproque s’est faite aux Gobellins entre les sieurs Nouasse et Ivart; led. s. Ivart a rempli son ancien inventaire de tous les tableaux que M. Le Brun en avoit détachés pour porter à Montmorency, oîi il en avoit affaire. Tout s’est trouvé juste. J’ay fait plus ; car les s’’® Nouasse et luy ont fait une vérification générale de tous les tableaux, toiles et bordures servant aux tapisseries depuis l’establissement de la manufacture qui estoient sous la garde dud. Ivart ^ à quoy on a adjousté les tableaux commencés par M. Le Brun ou le s. Verdier et autres pour servir auxd. tapisseries, lesquels n’estoient pas compris dans led. inventaire du s*" Ivart; on y a mis aussy les chevalets et autres ustensiles servants dans les atteliers et les figures de piastre, plusieurs toiles imprimées de diférentes grandeurs pour l’usage des peintres; de tout ce que dessus on a fait inventaire, duquel vous aurés un double signé dud. Ivart.

Les choses qui estoient marquées dans l’ordre de Monseigneur de Louvois que vous m’avés fait l’honneur de m’envoyer apostillé de vostre main devoir estre remises au s"^ Nouasse, luy ont esté remises, et il les a fait emporter à l’hostel de Grammont ou au cabinet du Louvre, dont il fera un double d’inventaire par addition à l’ancien de ce qui estoit sous sa garde et vous le portera. L’inventaire général du commissaire Priou contiendra généralement toutes choses, à la réserve de ce qui estoit dans les atteliers des Gobellins et les autres choses qui n’estoient pas scellées. Il en fera une expédition en forme signée de luy comme le porte l’ordre de Monseigneur de Louvois.

CHARLES LE BRUN

(Le reste de la lettre n’a plus rapport à la succession de Le Brun.)

Je suis avec respect, Monsieur,

Votre très humble et très obéissant serviteur.

La Chapelle Bessé.

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