Elle s’appelait Françoise-Bonne Berain
JEAN BERAIN.
frères, tous babils à se dire et porter héritiers, chacun pour son sixième, dud. deffunt s. Berain^ leur père; lesquels effets eux comparants ont promis de nous indiquer, mesme ont jurez et affirmez n’en avoir recélé ny divertiz aucuns, etc., et ont signez :
Madelaine Hérault — Blaisine Berain Jacques Thuret — Bonne Berain.
Sur quoy, nous commissaire susd. avons donné acte aud. sieur et dame sus-nommez de leurs déclarations, dires et réquisitoire, et, suivant iceux, après qu’il nous est apparu du corps mort dud. deffunt dans son lict, en sa chambre, au second étage ayant veue sur la rue des Ortyes du Louvre, nous avons, en leurs présences et celle de s. Claude Berain, bourgeois de Paris, frère dud. deffunt, demeurant sur le quay des Orphèvres, procédé à l’apposition de nos scellez sur les lieux et endroits ainsy qu’il ensuit :
Premièrement, dans la salle à manger, au premier étage, s’est trouvé un bureau de bois de violette, garny de neuf tiroirs, compris celuy de brissure et un guichet au milieu d’iceux; nous n’avons apposé aucuns scellés, attendu qu’il ne s’est trouvé en iceux que des laines à tapisserie et quelques morceaux de tapisserie imparfaite qui appartiennent à lad. demoiselle Bonne Berain.
Nous n’avons de mesme apposé aucuns scellés sur un buffet de bois de chesne, dans lequel se sont trouvez six petits chandeliers, deux moyens plats, deux jattes, une écuelle, un sucrier, un moutardier, une salière ronde, une poyvrière, unze cuillières, unze fourchettes à trois fourchons, et onze couteaux à manche, couverts de feuille, le tout d’argent...
La tapisserie de lad. salle de cuir poncé...
(Suivent un petit cabinet, la cuisine.)
JEAN BERAIN.
Dans une salle au dessus de la gallerie ayant veue sur le quay de PEcolle ; Huit tableaux peints sur toille, dans leurs bordures de bois dorez, dont deux auvales, l’un de Lanfran^ et l’autre de Blanchart, et les autres carrés, dont un de Vandermeulenne^ un de Vernansal^ un de Lebrun^ un de Bertin, un de Loyr et de Montagne, de Venise ; un groupe de bronze du Laocoon, sur son pied d’estail de bois peint et doré; une table couverte de drap vert; deux petits bustes de marbre blanc, posez sur leurs pieds de marbre et l’un d’iceux sur sa guesne de bois ; cinq chaisses de bois de noyer couvertes de tapisserie à l’éguille, et un fauteuil couvert de vieille étoffe de soye... Sur une corniche se sont trouvez six modelles en plâtre, couleur de bronze de mosolée. A l’esgard des petits tableaux qui se sont trouvez dans lad. salle, ils ont esté transportez, en notre présence et de celle des parties, dans le cabinet dud. deffunt dans lequel on entre par lad. salle et qui a veue de mesme sur le quay. . ,
A l’esgard de la chambre qui est au-dessous de la chambre dud. deffunt, et au-dessus de la susd. salle à manger, les parties nous ont déclarez que tous les meubles qui y sontapartiennentaud. s. Berainfih, qui l’occupe avec la dame sa femme.
Le troisiesme jour de février, aud. an 1711, unze heures du matin, par devant nous, conseiller et commissaire susd., en nostre hostel, est comparu Gilles Bacot, tapissier aux Gobelins, demeurant grande rue Mouffetard, lequel s’est opposé et opposé à la reconnoissance et levée de nosd. scellés, affin que deux écrans de tapisserie, après le dessein de la Chine, et deux tableaux qu’il a donné aud. deffunt s. pour les vendre ou
troquer, il y a environ quinze mois, luy soient rendus.