DESSINATEUR DE LA CHAMBRE ET DU CABINET DU ROI
24 janvier 171 1.
La levée des scellés apposés après le décès de Jean Berain donne peu de détails sur le mobilier et les œuvres de l’artiste. 11 fau- NOUV. ARCH. DE l’aRT FR. l883 l5
JEAN BERAIN.
drait, pour compléter la pièce qui suit, recourir à l’inventaire dressé par les soins de M« Ogier; on le trouverait sans doute dans l’étude de son successeur.
Mariette juge sévèrement les dessins de Bérain. D’après les échantillons de décoration conservés, soit aux Archives de la marine, soit à la bibliothèque de Versailles, le jugement de Mariette paraît assez fondé. Berain était peut-être un bon ordonnateur de fêtes royales; mais on a peine à comprendre sa réputation quand on a vu quelques-uns des dessins d’ornement qui lui sont attribués. Jal dit que Jean Berain, premier du nom, eut à sa connaissance six enfants; mais, à la date de 1675, époque du premier acte de baptême retrouvé par Jal, Jean Berain avait déjà plusieurs fils ou filles, sans compter celui à qui échut la charge de dessinateur de la Chambre et Cabinet et qui portait le même prénom que son père.
Les scellés de l’artiste nous font connaître :
1“ Nicolas Berain, prêtre, chanoine de l’église royale de Saint- Quentin en 171 I.
Il paraît être l’aîné de ses frères et sœurs.
2» Blaisine Berain, qui épouse, le 7 janvier 1689, le musicien Pascal Colasse 1, maître de musique de la chapelle du Roi. L’acte de mariage a été publié par Jal qui n’a pas observé que, pour se marier en 1689, Blaisine était certainement née avant 1675; en outre les frères et sœurs semblent cités ici suivant leur rang d’âge.
3° Bonne-Françoise Berain, non mariée à la mort de son père et qui prend ici la qualité de fille majeure.
Jal avait déjà signalé Jean, deuxième du nom, né en 1674; Pierre-Martin, né le ii septembre 1677; Louise, née vers 1682, enfin deux filles qui moururent avant leur père : Catherine, née le i5 août 1675, et Marguerite-Louise, née le 10 novembre 1678.
Le frère de Jean Berain, le graveur Claude, qui représente ici son neveu Pierre-Martin, vivait encore en 1726, car il assistait à l’enterrement de son neveu Jean II. Il est bon de consulter sur les alliances de cette famille nombreuse le Dictionnaire de Jal.
I. Voy. sur Pascal Colasse V Académie royale de musique au XVIB siècle par Em. Campardon, I, i38, et Jal, p. 401.
JEAN BERAIN.
Procès-verbal d'apposition de scellés après le décès de Jean Berain, dessinateur de la chambre et cabinet du Roi.
L’an 1711, le samedy, 24*^ Janvier, environ les sept heures du soir, sur le réquisitoire fait à nous Louis- Jérôme Daminois, conseiller du Roy, commissaire, etc., nous sommes transporté en l’apartement du s. Berin, dessinateur du Cabinet et de la Chambre du Roy, sçize aux Galleries du Louvre, où nous avons trouvez dame Magdeleine Hérault, femme du s. Jean Berin reçu en survivance en lad. charge dud. defîunt sieur son père, de présent à Versailles, dame Blezine Berin, veuve de Pascal Colasse, maître de musique de la chapelle et de la chambre du Roy, s. Jacques Thuret, orlogeur ordinaire du Roy, à cause de dame Louise^ Berin, son épouse, et damoiselle Bonne Berin fille majeure, demeurantes toutes auxd. galleries du Louvre, à l’exception de lad. dame Colasse qui demeure à la communauté de Sainte- Agnès, rue Plastrière; lesqueles nous ont dit que s. Jean Berain, leur père et beau-père, a esté ce jourd’huy, dix heures du matin, attaqué d’apoplexie, de laquelle il vient de décéder en son apartement où nous sommes; pourquoy ils ont à l’instant requis notre transport à l’effet de nous requérir, comme ils font, de vouloir apposer nos scellés et cachets sur les biens et effets délaissés par led. deffunt à la conservation de tous leurs droits et de ceux de m*^' Jean Berain, prestre, chanoine de Saint-Quentin, et Pierre Berain, aussy prestre, chanoine d’Azelac, en Alsace, près Strasbourg, leurs