XII PRÉFACE
Parmi les personnes qui daigneront parcourir nos chapitres, il se trouvera sans doute plus d'un sévère Aristarque qui s'empressera de s'écrier « que nous nous sommes trop appesanti sur certains détails, tout en ne faisant qu'efifleurer d'autres sujets bien plus dignes d'intérêt; enfin, que nous avons passé sous silence absolu telle ou telle autre matière importante. »
Sans vouloir, le moins du monde, pour notre justi-, fication, invoquer la morale d'une fable bien connue, du bon La Fontaine *, nous répondrons à ce reproche, en avouant que c'est à dessein que nous avons adopté cette ligne de conduite : notre intentioa était, pardessus tout, de faire grâce au lecteur de la répétition fatigante d'une multitude de faits qui déjà lui ont été mis sous les yeux par maint écrivain. En agissant différemment, n'eût-ce pas été le cas d'entendre prononcer contre nous cet arrêt de Boileau :
Topt ce qu'on dit de trop est fade et rebutant ; L'esprit rassasié le rejette à l'instant!
{Art poét., chant I.)
D'ailleurs, ce n'est pas dans les limites étroites de ce modeste volume, qu'il serait possible de dérouler aux regards du public tout ce qui mérite de fixer l'attention dans l'immense pays que nous avons visité; plusieurs gros in-octavo y seraient à peine suffisants. Que l'on songe, en effet, que bon nombre des États
♦ Le Vieillard, son Fiis et l'Ane,