PRÉFACE. XIII
unis d'Amérique ont, pris isolément, une étendue égale à celle de l'Angleterre tout entière, et supérieure à celle de bien d'autres royaumes Européens.
Faisant allusion à l'avenir de la grande nation Américaine, le célèbre Milton s'exprimait ainsi, il y a deux cents ans, dans son Essai sur la liberté de la presse : u Je crois voir une nation magnanime et puissante, semblable à l'aigle altier, qui exerce sa jeunesse vigoureuse, et allume le feu de ses yeux étincelants aux rayons du soleil. » De nos jours, combien les prévisions de l'auteur du Paradis perdu ne se trouvent-elles pas réalisées ? Car la principale portion de l'Amérique du Nord est aujourd'hui une puissance de premier ordre; du temps de Milton, elle n'était tout au plus qu'un enfant-géant dans ses langes.
Après avoir détaillé les causes de cette grandeur, et donné tout le développement convenable (si c'eût été là notre objet) aux mœurs, aux coutumes, ainsi qu'à la description des nombreuses merveilles locales que le voyageur rencontre dans les contrées dont il s'agit, quelle foule d'autres questions intéressantes nous fussent restées à examiner, se rattachant à l'histoire passée de ces mêmes régions I
Par exemple, le Nouveau-Monde fut-il réellement découvert, — non pas à la fin du XV« siècle, comme le porte la version la mieux accréditée, — mais au milieu du XI* siècle, soit par le prince Gallois Madoc, soit par les navigateurs Scandinaves, sous la conduite de Biorn, tandis que ce marin Norwégien cherchait sur les mers occidentales son vieux père, qu'une tempête avait emporté, dans un frêle navire, loin des côtes du Groën-