LE PREMIER MAI
personnes quittent une habitation confor4;able pour une autre qui Test beaucoup moins, afin de s'élancer au milieu du mouvement général, et de participer aux émotions extrêmement fugaces qui l'accompagnent. Dans certaines villes, il n'est point rare de rencontrer une énorme maison en bois, et même en briques, partiellement au moins, qui s'avance majestueusement, àl'aide de plusieurs roues, vers tel ou tel nouveau quartier, où le caprice de son propriétaire veut actuellement la fixer. Que le temps soit aigre, tempétueux et pluvieux le l"mai, ainsi que cela arrive presque toujours dans ce pays-là, ou bien que le soleil du printemps ait ramené une température vivifiante et douce, les déménagements n'en ont pas moins lieu. Ce qui est i' autant plus digne de remarque, c'est que, jusqu'ici, les Américains n'ont pas encore imaginé, lans leurs villes les plus peuplées, ces admirables /oitures de déménagement qui , en France, abritent parfaitement les meubles que l'on y emballe. Les portes cochères sont inconnues dans les •ésidences privées de l'Amérique du Nord; il en •ésulte que les servantes vous font souvent attendre ivant de vous ouvrir, que vous soyez le maître de a maison, "ou un simple visiteur; et ce n'est pas )récisément négligence de leur part ; mais elles (ont généralement fort occupées dans les parties es plus reculées de la demeure, attendu qu'il y a, lans les États libres surtout, absence complète de
25& SCÈNES AMÉRlGàlNES.
domestiques mâles , excepté dans les familles extrômemeût ricfaea. C'est daùs un appartement désigné sous le nom de basement, situé lâen.plus bas que le niveau du sol extérieur, que la famille
a coutume de se réunir pour les repas, sauf les {
cas de réception de cérémonie. Pour celui qui, en d
cbenemant dans la rue, s'arrête un instant^ et \ plonge ses regards à travers le grillage qui le
sépare du basement, il y a là4Nts, 4 l'intérieur, un ^ coup d'cBÎl assez intéressant, trois fois par jour s vers nm{ heures du matin, à trois heures de l'a* près-MÎdi^ m(mient du dîner, et le soir, vers six
heures et demie, pour le souper* Tout autour d'une !l
grande talde, ayant la forme d'une ellipse, sont 'j
assembiéià le père, la oftëre et tous ies enfants, le
jusqu'au marmot qui ne sait encore qœ balbutier, k
Au premier et au troisième de œs repas, la pré- Ir
sence de la théière est indispensable, flanquée de i deux ou trois plats de éuckwhe^U-cakes, espèces
de nîu0m de farine de «sarrazin nouvelle; ce i
gâteau doit être mangé trës-^aud. Il n'est pas le
surprenant de voir les Américains consoimner ées i
cpiimtités énonnes de tbé, quand on pense aux ^
prix modiques auxquds se vendent chez eux les ^,
qualités les plus supérieures de <)ette feuille pré- f
deuse. Grâce à l'abolition de toute Borte de droits ej
d'entrée, ils peuvent se procurer, même en détail, d
les espèces dites « pmére^^anon d et <« impi^ riale^ « pour ffO cents (sous) la livre. Les nége-