‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 114 sur 443 · Le compliment est tel qu'il semble une raillerie. Mais M · texte numérisé non relu

Le compliment est tel qu'il semble une raillerie. Mais M

Dimanche est flatté.

5. Il s'affit en somme d'empêcher M. Dimanche de réclamer son dû. Don Juan y arrivera.

6. Le pliant, qui n'a ni dossier ni bras, s'offre aux personnes de moindre qualité ; le fauteuil est pour les gens plus respectables.

7. Il nest que trop vrai ; mais M. Dimanche ne s'en doute guère.

8. Ce mot à double entente, et qui doit faire dresser l'oreille à M. Dimanche, est fort comique.

DOX JUAX 107

MONSIEUR DIMANCHE. — NoB, Monsicui', je suis bien. Je viens pour. . .

DON JUAN. — Non, je ne vous écoule point, si vous n'êtes assis.

MONSIEUR DIMANCHE. — MoDsicur, je fais ce que vous voulez. Je. . .

DON JUAN. — Parbleu, Monsieui" Dimanclie, vous vous portez bien !

MONSIEUR DIMANCHE. — Oui, Monsicur, pour vous rendre service. Je suis venu. . .

DON JUAN. — Vous avez un fonds de santé admirable, des lèvres fraîches, un teint vermeil et des yeux vifs.

MONSIEUR DIMANCHE. — Je voudrais bien. . .

DON JUAN. — Gomment se porte Madame Dimanche, votre épouse ?

MONSIEUR DiM.vNCHE. — Fort bien, Monsieur, Dieu merci.

DON JUAN. — C'est une brave femme.

MONSIEUR DIMANCHE. — Elle cst votrc Servante, Monsieur, Je venais. . .

DON JUAN. — Et votre petite liile Claudine, comment se porte-t-elle ?

MONSIEUR DIMANCHE. — Le micux du monde.

DON JUAN. — La jolie petite fille que c'est ! Je l'aime de tout mon cœur.

MONSIEUR DIMANCHE. — C'cst trop d'houncur que vous lui faites. Monsieur. Je vous. . .

DON JUAN. — Et le petit Colin, fait-il toujours bien du bruit avec son tambour ?

MONSIEUR DIMANCHE. — ïoujours de même. Monsieur. Je...

DON JUAN. — Et votre petit chien Brusquet, gronde-t-il toujours aussi fort, et mord-il toujours bien aux jambes les gens qui vont chez vous ?

MONSIEUR DIMANCHE. — Plus quc jamais. Monsieur, et nous ne saurions en chevir'.

DON JUAN. — Ne vous étonnez pas si je m'informe des nouvelles de toute la famille^; car j'y prends beaucoup d'intérêt..

MONSIEUR DIMANCHE. — Nous VOUS sommcs, MonsicuT, infiniment obligés. Je...

DON JUAN, lui tendant la main. — Touchez donc là, Monsieur Dimanche. Ètes-vous bien de mes amis ?

MONSIEUR DIMANCHE. — Je suls votre serviteur.

DON JUAN. — Parbleu ! je suis à vous de tout mon cœur.

MONSIEUR DIMANCHE. — Vous m'iionorcz trop. Je...

1. Chevir était déjà vieilli à l'é- j nir à bout (venir à chef, ad caput). poque de Molière. Il signifie ve- | -2. Elle comprend Brusquet I

DON JUAN. — Il n'y a rien que je ne fisse' pour vous.

MONSIEUR DIMANCHE.— Mousicur, VOUS avcz trop de boulé pour moi.

DON JUAN. — Et cela sans intérêt, je vous prie de le croire.

MONSIEUR DIMANCHE. — Je n'ai point mérité cette grâce assurément. Mais, Monsieur...

DON JUAN. — Oh çà, Monsieur Dimanche, sans façon, voulez-vous souper avec moi ?

MONSIEUR DIMANCHE. — NoH, Moiisicur, il faut que je m'en retourne tout à l'heure 2. Je...

DON JUAN, se levant '. — Allons, AÎtc un Hambeau, pour conduire Monsieur Dimanche, et que quatre ou cinq de mes gens prennent des mousquetons* pour l'escorter^.

MONSIEUR DIMANCHE, sc levant aussi. — Monsieur, il n'est pas nécessaire, et je m'en irai bien tout seul. Mais. . .

(SganareUe ôte les sièges promptement.)

DON JUAN. — Gomment? Je veux qu'on vous escorte, et je m'intéresse trop à votre personne. Je suis A'otre serviteur, et, de plus, votre débiteur.

MONSIEUR DIMANCHE. — Ah ! Mousieur^...

DON JUAN. — C'est une chose que je ne cache pas, et je le dis à tout le monde.

MONSIEUR DIMANCHE. — Si. ..

DO.N JU.VN. — Voulez-vous que je vous reconduise ?

MONSIEUR DIMANCHE. — Ail ! Mousicur, VOUS VOUS moqucz ! Monsieur. . .

DON JU.VN. — Embrassez-moi donc, s'il vous plaît. Je vous prie encore une fois d'être persuadé que je suis tout à vous, et qu'il n'y a rien au monde que je ne fisse pour votre service. (Il sort.)

1. Que je ne fisse = que je ne ferais. Règle : L'imparfait et le plus -que -parfait du subjonctif ayant eu en latin le sens conditionnel, il en est résulté qu'à l'origine du français et dans l'ancienne langue ils ont tenu la place du conditionnel, car ce dernier mode est de formation récente :

« Il est peu d'hommes qui osassent mettre en évidence (= qui oseraient). (.Montaigne.)

Page 1