Voilà bien la prévention
illusions.
6. Pas un ne refuse, ce qui semble indiquer que les médecins ne détestent point l'argent, même avant de rendre service.
7. Quand on appelle des médecinsen consultation, on pense qu'ils sont tout occupés de préparer des remèdes. Ils vont s'entretenir de leurs petites affaires, pendant que la famille attend dans l'angoisse.
l'amour médecix H5
rable pour cela, et qu'on a peine à croire le chemin que je lui fais faire tous les jours.
MONSIEUR DESFOXANDRÈs. — J'ai un clieval merveilleux, et c'est un animal infatigable.
MONSIEUR TOMKs. — Savez-vous le chemin que ma mule ^ à fait aujourd'hui ? J'ai été, premièrement, tout contre l'Arsenal ; de l'Arsenal, au bout du faubourg Saint-Germain ; du faubourg Saint-Germain au fond du Marais ; du fond du Marais, à la porte Saint-Honoré" ; de la porte Saint-Honoré, au faubourg Saint-Jacques; du faubourg Saint-Jacques, à la porte de Richelieu; de la porte de Richelieu, ici ; et d'ici, je dois aller encore à la place Royale.
MONSIEUR DESFONANDRÈs. — Mou chcval a fait tout cela aujourd'hui ; et, de plus, j'ai été à Ruel ^ voir un malade.
MONSIEUR TOMES. — Mais, à propos, quel parti prenez-vous dans la querelle des deux médecins, Théophraste et Artémius * ? Car c'est une affaire qui partage tout notre corps.
MONSIEUR DESFONANDRÈs. — Moi, je suis pour Artémius.
MONSIEUR xoMÈs. — Et uioi aussi. Ce n'est pas que son avis, comme on a vu, n'ait tué le malade, et que celui de Théophraste ne fût beaucoup meilleur, assurément ; mais enfin, il a tort dans les circonstances, et il ne devait pas être d'un autre avis que son ancien. Qu'en dites-vous ?
MONSIEUR DESFONANDRÈS. — Sans doutc, il faut toujours garder les formalités, quoi qu'il puisse arriver ■'.
MONSIEUR ïOMÈs. — Pouriuoi, j'^y suis sévère en diable, à moins que ce soit entre amis ; et l'on nous assembla un jour, trois de nous autres, avec un médecin de dehors', pour une consultation où j'arrêtai toute l'affaire, et ne vou-
1. La mule était en effet alors la monture des médecins : c'est une bête de tout repos pour le cavalier.
2. Le Marais était le quartier de la place des Vosg-es actuelle, jadis place Royale. En somme, il a été aux quatre coins de Paris, jusqu'aux portes qui limitent les Caubourg-s.