‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 162 sur 443 · Les personnages de la pièce sont · texte numérisé non relu

Les personnages de la pièce sont

Sganarei.le, faiseur Je fagots ; Martine, sa femme ;

LucisDE, fille de Géronte :

Valère, domestique de Géronte ; Lucas, mari de Jacqueline ; Jacqueline, nourrice chez Géronte; Thibaut, pa.vsan, père de Perriu ; Peruin, fils de Thibaut.

FiG. 11. — Sganarelle.

(Odéon, M. Draneni.)

Sganarelle n'a pas encore revêtu la dignité et la robe de docteur C'est le fayotier, avec une fraise tout unie, une veste lacée qui laisse voir la chemise. Il a l'air un peu brutal et cependant madré. Le 'paysan n'a pas de perruque.

Pliolo Waléiy.

t'iG. 12. — Martine.

(Odéon, yV" Baijac.)

On reconnaît la paysanne au bonnet campagnard, à la camisole de toile, au tablier à grandes poches. La (jaillarde a bon bec et son attitude indique assez qu'elle est capable, après avoir reçu des coups, d'en rendre tout autant.

LE MlîDEOIX MALGRE LUI

et qu'Aristote ' a bien raison, quand il dit qu'une femme est pire qu'un démon !

M.vjRTixE. — Voyez un peu l'habile- homme, avec son benêt 3 d'Aristote.

SGANARELLE. — Oui, hal)ilt' liouime. Trouve-moi un faiseur de fagots qui saclic, comme moi, raisonner des choses ; qui ait servi six ans un fameux médecin, et qui ait su, dans son jeune âge, son rudiment^ par cœur.

MARTINE. — Peste du fou liefte^!

SGAXAUELLE. — Pestc de la carogne '^ !

MARTINE. — Que maudits soient l'iieure et le Jour oii je m'avisai d'aller dire oui ^ !

SGAXAKELLE. — Que maudit soit le bec-cornu'' de notaire qui me lit signer ma ruine !

MARTINE. — C'est bien à toi, vraiment, à te plaindre de celle affaire ! Devrais-tu être un seul moment sans rendre grâces au ciel de mavoir pour ta femme ; et mérilais-tu d'épouser une personne comme moi ?

SG.\NARELLE. — Basle ! laissons-là ce chapitre. Il sullit que nous savons ce que nous savons, et que tu fus bien heureuse de me trouver.

MARTINE. — Qu'appelles-lu bien heureuse de te trouver ? Un homme qui me réduit à l'iiôpital, un débauché, un traître, qui me mange tout ce que j'ai !

SGANARELLE. — Tu as menti : j'en bois une partie"'.

MARTINE. — Qui me vend, pièce à pièce, tout ce qui est dans le logis.

SGANARELLE. — G"est vivrc de ménage '".

1. Evidemment la citalion est de l'invention de Sganarelle, mais on voit que ce J'asTotier a fait ses études, puisqu'il peut invoquer le philosophe grec.

•1. Sur le sens d'habile, cf.

3. Bencl ou benoit, vient de bénit, mais sig-nifie niais. Esl-ce a cause de cette opinion vulgaire, que les simples desprit sont favorisés du ciel ? Cf. Crouzci'..., Gr. Fr., ij 'J.

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