‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 181 sur 443 · Jusques est écrit avec un s, ! malgré la robe · texte numérisé non relu

Jusques est écrit avec un s, ! malgré la robe

SGAXARELLE. — C'cst fort bien fait. ....

(.4 Liicinde). — Donnez-moi votre bras. (.1 Gàronlc). Voilà un pouls qui marque que volie lille est muette.

f;i';ROXTE. — Hé! oui. Monsieur, c'est là son mal; vous l'avez trouvé tout du premier coup '.

SGAXARELLE. — Ail ! ah !

JACQUELINE. — Yojez couime il a deviné sa maladie ! SGAXARELLE. — Nous aulrcs grands médecins, nous connaissons d'abord 2 les choses. Un ignorant aurait été embarrassé, et vous eût été dire : « C'est ceci, c'est cela » ; mais moi. je touche au but du premier coup, et je vous apprends que votre lille est muette.

OKRoxTE. Oui ; mais je voudrais bien que vous me pussiez dire d'où cela Aient.

SGAXARELLE. — Il n'cst ricu de plus aisé. Cela vient de ce qu'elle a perdu la parole.

GÉRoxTE. — Fort bien; mais la cause, s'il vous plaît, qui fait qu'elle a perdu la parole ?

SGAXARELLE. — Tous nos mciUeurs auteurs vous diront que c'est l'emiièchement de l'action de sa langue.

GÉROXTE. — Mais encore, vos sentiments sur cet empêchement de l'action de sa langue?

SGAXARELLE. — Aristotc^, là-dcssus, dit... de fort belles choses.

GÉROXTE. — Je le crois.

SGAXARELLE. — Ail ! c'était un grand homme. GÉROXTE. — Sans doute.

SGAXARELLE. — Grand iiomnie tout à fait ; (hn'ant le braft depuis le coude) un homme qui était plus grand que moi de tout cela*. Pour revenir donc à notre raisonnement, je tiens que cet empêchement de l'action de sa langue est causé par de certaines humeurs, qu'entre nous autres savants * nous appelons humeurs peccantes, c'est-à-dire. . . humeurs peccan- . tes<^ ; d'autant que les vapeurs formées par les exhalaisons des inlluenccs qui s'élèvent tians la région des maladies, venant. . . i)our ainsi dire. . . à^ . . Entendez-vous le latin ?

{. Gérontc est aussi niais que ."i. Sganarelle, qui a sprvi six

S^anarcllc est outrecuidanl. ans chez un médecin, n'ignore

•2. D'abord = dès Piibord. pas Fart de la réclame.

3. Quand on ne peut l'ournir j 6. Peccantes = nuisibles. I.e dexplicalion, ou cite Aristote ! mot existait dans la langue menu Hippocrale. et le tour est i dicalc.

joué. I.a médecine a fait des pro- j 7. ^Molière présente souvent

grés depuis Molière, ou plutôt des personnages qui s'cmbrouil-

depuis ses médecins. lent en de savantes définitions.

4. l'Lncore une vraie plaisan- L'effet est plaisant par le conterie de farce. , truste entre fassurance appa-

LK MEDECIN MALGllU LUI

uy.i

GÉuoxTE. ■— En aucune façon.

SGAXARELLK, se levant brusquement. —Vous n'enlendez point le latin > ?

GÉKOTE. — Non.

^G\yxRV:i.LE, di'ee enthousiasme. — Cnhrlcias ai'ci Ihiiram, catalamus-, sing-nlnriter, noniinalii'o, haec musa, la muse, bonus, bona, bonnin, Deiis sanctiis, eslne oratio latinns ? Eliani, oui. Qaare, poui'quoi? Quia siibslanlivo et adjcctiviim concordat in generi, Jinniernin, et casiis^.

GÉuoxri!:. — Ah ! que n'ai-je éUuiié !

jacqcei.im:. — L'habile houiiue que a là !

LUCAS. — Oui, ça est si biau, que je n'y entends goutte'.

SGANAHELLE. — Or, ces vapcurs, dont je vous parle, venant à passeï" du côté g-auche, où est le foie, au côté droit, où est le cœur, il se trouve que le poumon, (jue nous appeh)ns eu latin arinyan", ayant communication aAec le cerveau, que nous nommons en grec na.sDins'^, par le moyen de la veine cave, que nous appelons en hébreu cubile% rencontre en son chemin lesdites vapeurs qui remplissent les ventricules de l'omoplate^ ; et parce que lesdites vapeurs. . . Comprenez bien ce raisonnement, je vous prie ; et parce que les dites vapeurs ont certaine malignité... Écoulez bien ceci, je vous conjure.

o'ÉuoNTE. — Oui.

SGAX.vuELLE.— Ont unc certaine malignité ([ui est causée... Soyez attentif, s'il vous plaît.

rente et la gène réelle de l'orateur. Cf. le couplet de Gros- René, p. 00, V. {'2\:'>.

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