‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 185 sur 443 · A.OTE III SCÈNE II · texte numérisé non relu

A.OTE III SCÈNE II

TIimAlT, PËRRIX, SGAXARELLE

TiiiBAUr. — Monsieu, je venons vous charclier, mon lils Perrin et moi.

SGAXARELLE. — Qu'j" a-l-il ?

THIBAUT. — Sa pauvre mère, qui a nom Parrelle, est dans un lit, malade il y a six mois.

SGAXARELLE, tendant la main comme pour rccei'oir de l'argent. — Que voulez-vous que j'y fasse ?

THIBAUT. — Je voudrions, Monsieu, que vous nous baillissiez queuque petite drôlerie pour la garir.

SGAXARELLE. — 11 faiit voir dc quoi est-ce qu'elle est malade.

THIBAUT. — Aile est malade d'hypocrisie-, Monsieu.

SGAXARELLE. — D'il J'pOCrisiC ?

THIBAUT. — Oui, c'est-à-dire qu'aile est enllée partout ; el l'an dit que c'est quantité de sériosités^ qu'aile a dans le corps, et que son foie, son ventre, ou sa raie, comme vous voudrais lappeler, au glieu de faire du sang, ne fait plus que de liau. Aile a, de deux jours l'un, la fièvre quotiguienne, avec des lassitules et des douleurs dans les mulles* des jambes. On entend dans sa gorge des lleumes'' qui sont tout prêts à l'élouller ; et parfois il lui prend des

^. Ci>rarae celte petite scène, I 3. Il veut dire sérosités (ini-

■fivec ses courtes répliques, est i meurs jaunâtres), vr.iie et lestemeut menée! 4. Evidemment les muscles.

i. U \cal dive d'Iiydro/iisic. , .">. Vonv flegmes =: pituites.

Photo \\'alérv.

FiG. 17. - Thibaut.

(M. Jean d'Yd, Odéon.)

Vieux paysan, aux gestes raides et qui écarquille les doiols I a Lucas." ■■"''' ''"''''■'" "°" '^"' niaiserie. Comparer ie costu^me de

Photo AViiléi V.

FiG. 18. — Perrin.

(M. Stéphen, Odéon.)

C'est le digne fils de Thibaut. On sent assez (|u'il a quel((ue peine à comprendre et à s'exprimer.

LE MEDECIN MALGRE LUI

syncoles et des conversions ', ([vie je crayons qu'aile est passée. J'avons dans notre village un apothicaire, révérence parler-, qui li a donné je ne sais combien d'histoires ; et il m'en coûte plus d'eune douzaine de bons écus, en lavemens, ne v's en déplaise, en apostumcs ' qu'on li a l'ait prendre, en infections^ de jacinthe, et en portions cordales\ Mais tout ça, comme dit l'atitre, n'a été que de l'onguent mitou-raitaine". Il veloit l'y l)ailler d'une certaine drogue que l'on appelle du vin amétile^ ; mais j'ai-z-eu peur franchement que çà l'envoyîl à patres'^; et Tan dit que ces gros médecins tuont je ne sais combien de monde avec cette invention-là ^

SGAXAUELLE, tcmldut loiijoiirs la main. — Venons au fait, mon ami, venons au fait.

THIBAUT. — Le fait est, Monsieu, que je venons vous prier de nous dire ce qu'il faut que je fassions.

SOAXARELLE. — Je ne vous entends point du tout.

PERUix. — Monsieu, ma mère est malade, et v'ià deux écus que je vous apportons, pour nous bailler quenque remède.

SOAXARELLI5. — Ail ! je VOUS entends, vous. Voilà un garçon qui parle clairement, et qui s'explique comme il faut. Vous dites que votre mère est malade d'hydropisie, qu'elle est enllée par tout le corps ; qu'elle a la lièvre, avec des douleurs dans les jambes, et qu'il hii i)ren<l parfois des syncopes et des convulsions, c'est-à-dire des évanouissemenls.

PERRix. — Hé! oui, INIonsieu, c'est justement ça.

sc.AXARELi.E. — J'ai compris d'abord"^ vos paroles. Vous avez un père qui ne sait ce qu'il dit. Maintenant vous me demandez un remède ?

PERRIX. — Oui, Monsieu.

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