C'est maintenant ^Mercure ' 3. Bailler = donner. Ce verbe
qui goguenarde : ces renverse- était déjà vieilli au temps de
ments sont d'un excellent effet Molière, et plutôt familier,
comique. !i. Pour y faire quelque pause
i. Sans vous rien dire = sans = pour s'y arrêter, pour insister
vous faire de reproches. Le mot un in>.lant sur si peu de chose.
est plaisant : Sosie constate, La locution (amenée sans doute
mais ne critique pas. | par la rime) est un peu confuse.
SOSIE
Me faire ouvrir cette porte.
Pourquoi retiens-tu mes pas ? 310
MERCURE
Si jusqu'à l'approcher' tu pousses ton audace, Je fais sur toi pleuvoir un orage de coups.
SOSIE
Quoi ! tu veux, par ta menace, M'empècher d'entrer chez nous ?
Gomment ! chez nous ?
SOSIE
Oui, chez nous.
MEUCURK
O le traître ! U"> Tu te dis de cette maison ?
SOSIE
Fort bien. Amphitryon n'en est-il pas le maître ?
MERCURE
Hé bien ! que fait cette raison ?
SOSIE
Je suis son valet.
MERCURE
Toi?
SOSIE
Moi.
MERCURE
Son valet ?
SOSIE
Sans doute
Valet d'Amphil
ryon ?
SOSIE
D'Amphitryon, de lui.
1. Nous dirions en appro- : Rkc.le : Je n'ai point prétendu cher. La constriicUoii transi- ' la main d'un empereur, p. 227, tive était alors l'réqucnte. Cl. [ n. 3.
Ton nom est?...
SOSIli
Sosie.
MERCURE
Heu ? comment ?
SOSIE
Sosie.
MERCURE
Écoute, Sals-lu que de ma main je l'assomme aujourd'liui ?
SOSIE
Pourquoi ? Dp quelle rage est ton âme saisie ' ?
Qui te donne, dis-moi, cette témérité,
De prendre le nom de Sosie? 3oj
SOSIE
Moi, je ne le prends point, je l'ai toujours porté.
MERCURE
O le mensonge horrible ! et l'impudence extrême ! Tu m'oses soutenir que Sosie est ton nom?
SOSIE
Fort bien; je le soutiens, par la grande raison Qu'ainsi l'a fait des dieux la puissance suprême, 3('>0
Et qu'il n'est pas en moi de pouvoir dire non, El d'être un autre que moi-même.
(Mercure le bat.)
MERCURE
Mille coups de bâton doivent être le prix D'une pareille effronterie.
SOSIE
Justice, citoyens ! Au secours ! je vous lîrie. .3('5
MERCURE
Comment bourreau, tu fais des cris ?