‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 195 sur 443 · Est ton âme saisie. Remar- Molière a dit plus haut · texte numérisé non relu

Est ton âme saisie. Remar- Molière a dit plus haut

quez le tour vif de l'interro- Pe^te 1 où preml mou ç.^prit toutes ces galion, ^ràce à l'inversion. [ [gentillesses ?

De mille coups tu me meurtris, Et tu ne veux pas que je crie ?

MERCURE

C'est ainsi que mon bras. . .

SOSIE

L'action ' ne vaut rien :

Tu triomphes de l'avantage 370

Que le donne sur moi mon manque de courage-;

Et ce n'est pas en user bien.

C'est pure fanfaronnerie De vouloir profiler de la poltronnerie

De ceux qu'attaque notre bras. 375

Battre un homme à jeu sûr n'est pas d'une belle àme ;

Et le eœur ^ est digne de blâme

Contre les gens qui n'en ont pas.

MERCURE

lié Ijien î e.s-tu Sosie à présent? qu'en dis-tu?

SOSIE

Tes coups n'ont point en moi fait de métamorphose ; 380 El tout le changement que je trouve à la chose, C'est d'élre Sosie ' battu

MERCURE, menaçant Sosie.

Eneor ? Cent autres coups pour cette autre impudence.

De grâce, fais trêve à tes coups.

MERCURE

Fais donc trêve à ton insolence. 385

SOSIE

Tout ce qu'il le plaira; je garde le silence. La dispute est par trop inégale entre nous.

MERCURE

Es-lu Sosie encor ? dis, traître !

l. L'action = ce que tu fais. sens au 17= siècle, notamment

i. Amusant aveu, et plaisant dans le fameux:

eupheniisme pour ne pas parler Ro.irisne as-tu du cœur ?

de laciiete.

i. Le cœur = le courafce. Le mol 'i. Prononcez Sosie (3 sylla-

cœar est souvent employé en ce : bes).

SOSIE

Ilékis! je suis ce que lu veux ; Dispose de mon sort tout au gré de tes vœux ; 3*.I0

Ton bras t'en a fait le maître.

MKRGUniî

Ton nom était Sosie, à ce que tu disais ?

Il est vrai, jusqu'ici j'^ai cru la chose claire; Mais ton bâton, sur cette affaire, M'a fait voir que je m'abusais. 395

MERGUHE

C'est moi qui suis Sosie, et tout Tlièbes l'avoue : Amphitryon jamais n'en eut d'autre que moi.

SOSIE

Toi, Sosie?

MERCUliE

Oui, Sosie; et si quehju'un s'y joue', 11 peut bien prendre gax'de à soi-,

SOSIE, à part.

Ciel ! me faut-il ainsi renoncer à moi-même, 400

El par un imposteur me voir voler mon nom ?

Que son Ijonheur est extrême

De ce que je suis poltron !

Sans cela, par la mort !...

MERCUUE

Entre tes dents, je pense.

Tu murmures je ne sais quoi. 40:;

SOSIE

Non. Mais, au nom des dieux, donne-moi lu licence De parler un moment à toi ^.

1. S'y joue = ose plaisanter la- 1 avec le pronom atone mis devant dessus. I eux (Je te parle): et d'autres

2. A soi. On dirait aujourd'hui avec le pronom tonique précédé « d lui-même ». Iîkglk : Soi, qui de à mis après eu.v (Je pense à ne s'emploie aujourd'hui qu'après toi). Au i y siècle, cette deuxiènxe un sujet indéterminé, s'employait conslruclion était plus étendue, au iy<= siècle après un sujet dé- \ et en particulier pouvait s'étendre terminé : Gnathon ne xh que au.v verbes de la première calépour soi. (La Bruykre.) 1 gorie (quelquefois sans doute

3. Rkolk : Encore aujourd'hui i pour faire ressortir le pronom certiins vei-bes se conslruisent \ comi)léinent par un effet de

MEHCURE

Parle.

SOSJE

Mais promels-inoi, de grâce, Que les coups uen seront point.

Signons une trêve.

MEiicuui;

Passe : 410

Va, je t'accorde ce point.

SOSIE

Qui ' te .jette, dis-moi, dans cette fantaisie?

Que te reviendra-t-il de m'enlever mon nom ?

Et peux-tu faire enlin, quand tu serais démon,

Que je ne sols pas moi? que je ne sois Sosie? 415

MEUGUKE, levant le bâton sur Sosie.

Comment! tu peux?...

SOSIE

Ah ! tout doux :

Nous aA'ons fait trêve aux coups.

RIEllCUUE

Quoi I pendard, imposteur, coquin!...

SOSIE

Pour des injures Dis-m'en tant que tu voudras :

Ce sont légères blessures, 4:20

Et je ne m'en fâche pas^.

MEIICUHE

Tu le dis Sosie ?

SOSIE

Oui. Quelque conte frivole'...

style, mais pas nécessairement) :

11 u'y avait pas moyen cle park-r à lui.

( JlALHICIlBE).

Cf. CuouzET..., Gr. Fr., S 148, Kkm. II.

Qui te reuil si liarJi de troubler mon (La Font., Fah., 1, 10). ['^reiivagc ? Cf. CuoizET..., Gr. Fr., § l'J.j.

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