Est ton âme saisie. Remar- Molière a dit plus haut
quez le tour vif de l'interro- Pe^te 1 où preml mou ç.^prit toutes ces galion, ^ràce à l'inversion. [ [gentillesses ?
De mille coups tu me meurtris, Et tu ne veux pas que je crie ?
MERCURE
C'est ainsi que mon bras. . .
SOSIE
L'action ' ne vaut rien :
Tu triomphes de l'avantage 370
Que le donne sur moi mon manque de courage-;
Et ce n'est pas en user bien.
C'est pure fanfaronnerie De vouloir profiler de la poltronnerie
De ceux qu'attaque notre bras. 375
Battre un homme à jeu sûr n'est pas d'une belle àme ;
Et le eœur ^ est digne de blâme
Contre les gens qui n'en ont pas.
MERCURE
lié Ijien î e.s-tu Sosie à présent? qu'en dis-tu?
SOSIE
Tes coups n'ont point en moi fait de métamorphose ; 380 El tout le changement que je trouve à la chose, C'est d'élre Sosie ' battu
MERCURE, menaçant Sosie.
Eneor ? Cent autres coups pour cette autre impudence.
De grâce, fais trêve à tes coups.
MERCURE
Fais donc trêve à ton insolence. 385
SOSIE
Tout ce qu'il le plaira; je garde le silence. La dispute est par trop inégale entre nous.
MERCURE
Es-lu Sosie encor ? dis, traître !
l. L'action = ce que tu fais. sens au 17= siècle, notamment
i. Amusant aveu, et plaisant dans le fameux:
eupheniisme pour ne pas parler Ro.irisne as-tu du cœur ?
de laciiete.
i. Le cœur = le courafce. Le mol 'i. Prononcez Sosie (3 sylla-
cœar est souvent employé en ce : bes).
SOSIE
Ilékis! je suis ce que lu veux ; Dispose de mon sort tout au gré de tes vœux ; 3*.I0
Ton bras t'en a fait le maître.
MKRGUniî
Ton nom était Sosie, à ce que tu disais ?
Il est vrai, jusqu'ici j'^ai cru la chose claire; Mais ton bâton, sur cette affaire, M'a fait voir que je m'abusais. 395
MERGUHE
C'est moi qui suis Sosie, et tout Tlièbes l'avoue : Amphitryon jamais n'en eut d'autre que moi.
SOSIE
Toi, Sosie?
MERCUliE
Oui, Sosie; et si quehju'un s'y joue', 11 peut bien prendre gax'de à soi-,
SOSIE, à part.
Ciel ! me faut-il ainsi renoncer à moi-même, 400
El par un imposteur me voir voler mon nom ?
Que son Ijonheur est extrême
De ce que je suis poltron !
Sans cela, par la mort !...
MERCUUE
Entre tes dents, je pense.
Tu murmures je ne sais quoi. 40:;
SOSIE
Non. Mais, au nom des dieux, donne-moi lu licence De parler un moment à toi ^.
1. S'y joue = ose plaisanter la- 1 avec le pronom atone mis devant dessus. I eux (Je te parle): et d'autres
2. A soi. On dirait aujourd'hui avec le pronom tonique précédé « d lui-même ». Iîkglk : Soi, qui de à mis après eu.v (Je pense à ne s'emploie aujourd'hui qu'après toi). Au i y siècle, cette deuxiènxe un sujet indéterminé, s'employait conslruclion était plus étendue, au iy<= siècle après un sujet dé- \ et en particulier pouvait s'étendre terminé : Gnathon ne xh que au.v verbes de la première calépour soi. (La Bruykre.) 1 gorie (quelquefois sans doute
3. Rkolk : Encore aujourd'hui i pour faire ressortir le pronom certiins vei-bes se conslruisent \ comi)léinent par un effet de
MEHCURE
Parle.
SOSJE
Mais promels-inoi, de grâce, Que les coups uen seront point.
Signons une trêve.
MEiicuui;
Passe : 410
Va, je t'accorde ce point.
SOSIE
Qui ' te .jette, dis-moi, dans cette fantaisie?
Que te reviendra-t-il de m'enlever mon nom ?
Et peux-tu faire enlin, quand tu serais démon,
Que je ne sols pas moi? que je ne sois Sosie? 415
MEUGUKE, levant le bâton sur Sosie.
Comment! tu peux?...
SOSIE
Ah ! tout doux :
Nous aA'ons fait trêve aux coups.
RIEllCUUE
Quoi I pendard, imposteur, coquin!...
SOSIE
Pour des injures Dis-m'en tant que tu voudras :
Ce sont légères blessures, 4:20
Et je ne m'en fâche pas^.
MEIICUHE
Tu le dis Sosie ?
SOSIE
Oui. Quelque conte frivole'...
style, mais pas nécessairement) :
11 u'y avait pas moyen cle park-r à lui.
( JlALHICIlBE).
Cf. CuouzET..., Gr. Fr., S 148, Kkm. II.
Qui te reuil si liarJi de troubler mon (La Font., Fah., 1, 10). ['^reiivagc ? Cf. CuoizET..., Gr. Fr., § l'J.j.