‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 203 sur 443 · SCÈNE III HARPAGON, LA FLÈCHE · texte numérisé non relu

SCÈNE III HARPAGON, LA FLÈCHE

HARPAGON. — Hors d'ici tout à l'heure', el qu'on ne réplique pas. Allons, que l'on délaie de chez moi, niaîlre juré lilou, vrai gibier de potence.

LA l'LÈGHE, à part. — Je n'ai jamais rien vu de si méchant que ce maudit vieillard ; et je pense, sauf correction ^, <iu'il a le diable au corps.

HAHPAGOX. — Tu murmures entre tes dents ?

LA FLÈCHE. — Pourquoi me chassez-vous ?

HAui'AGOx. — C'est bien à toi, pendard, à me demander des raisons ! Sors vite que je ne t'assomme.

LA FLÈCHE. — Qu'cst-cc quc je vous ai fait ?

HAiiPAGOX. — Tu m'as fait que je veux que tu sortes.

LA FLÈCHE. — Mou maître, votre fils, m'a donné ordre de l'attendre.

HAUPAGox. — Va-t'en l'attendre dans la rue, et ne sois point dans ma maison, planté tout droit comme un piquet, à observer ce qui se passe et faire ton prolit de tout. Je ne veux point avoir sans cesse devant moi un espion de mes alfaires, un traître dont les yeux maudits assiègent toutes mes actions, dévorent ce que je possède, et furettent de tous côtés pour voir s'il n'y a rien à voler ^.

LA FLÈCHE. — Couiment diantre voulez-vous quon fasse pour vous voler? Etes- vous un homme volable ', quand vous renfermez toutes choses, et faites sentinelle jour et nuit ?

Page 1