‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 206 sur 443 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

HARPAGON, seul.

Voilà un pendard de valet qui m'incommode fort ; et je ne me plais point à voir ce chien de boiteux-là^. Certes, ce n'est pas une petite peine que de garder chez soi une grande somme d'argent ; et ])ienheureux qui a tout son fait ^ bien placé, et ne conserve seulement que ce. qu'il faut pour sa dépense! On n'est pas peu embarrassé à inventer s, dans toute une maison, une cache ' lidèle ; car, pour moi, les coffres-forts me sont suspects, et je ne veux jamais m'y lier. Je les liens justement une franche amorce à voleurs, et c'est toujours la première chose que l'on va attaquer.

Grand dîner chez l'Avare

[H.irpagon est dans l.i cruelle nécessite de donner un dincr. Il a convoqué, à cet efFet, toute sa domesticité et son intendant,

i. Voilà un de ces proverbes t 4. L'acteur Béjart, qui jouait

populaires, fort naturel dans la le rôle de La Flèche, était boi-

nouched'un valet. Molière aime j teux. D'où ce trait bien accora-

ies mots expressifs. i mode.

•2. Sans te fouiller = sans que j. Son fait, c.-à-d. son avoir.

Je te fouille. Règle : La fortune 6. Inventer a ici son sens éty-

vieni en dormant, cf. p. IV2, n. 4. mologiqne de trouver (invenire).

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