Haat.i-dc-chaus.'ies, cf. p. SI
i.A FLÈCHE, à part. — Ah ! qu'un homme comme cela mériterait bien ce qu'il craint ! et que j'aurais de joie à le Aoler !
HARPAGON. — Eull ?
LA FLÈCHE. — Quoi ?
HAKPAGOX. — Qu'est-ce que tu parles de voler? LA FLÈCHE. — Je VOUS dis que vous iouilliez bien partout pour voir si je vous ai volé.
iL\RPAGON. — C'est ce que je veux faire.
( Harpagon fouille dans les poches de La Flèche.)
LA FLÈCHE, d part. — La peste soit de lavarice et des avaricieux ' !
iLVHPAGOX. — Comment? Que dis-tu?
LA FLÈCHE. — Ce quc je dis?
HARPAGOX. — Oui. Qu'est-ce que tu dis d'avarice et d'avaricieux?
LA FLÈCHE. — Jc dis que la peste soit de l'avarice et des aA'aricieux.
iLVHPAGOX. — De qui veux-tu parler ?
LA FLÈCHE. — Dcs a^aricicux.
HARPAGOX. — Et f[ui sont-ils, ces avaricieux?
LA FLÈCHE. — Dcs vilaius - et des ladres ^.
iLVRPAGOx. — Mais qui est-ce que tu entends par là ?
LA ELÈCHE. — Dc quoi VOUS mettez-vous en peine ?
HARPAGOX. — Je me mets en peine de ce qu'il faut.
LA FLÈCHE. — Est-cc quc VOUS croycz que je veux parler de vous *7
HARP.vGox. — Je crois ce que je crois ; mais je veux que tu me dises à qui lu parles quant tu dis cela.
LA FLÈCHE. — Jc parle. . . Je parle à mon bonnet.
HARPAGOX. — Et moi, je pourrais bien parler à ta barrette ^
LE FLÈCHE. — M'empèchcrcz-vous de maudire les avaricieux ?
iLVRPAGOx. — Non : mais je t'empèclierai de jaser et d'être insolent. Tais-toi.
LA FLÈCHE. — Jc HC nomuic jiersonne.
I. Avaricieux a le même sens ' praire du Lazare de TEvansile.
«(u'Aca/r ; mais il est plus popu- i Le mol a pris le sens d'e.\'cessi-
laire, plus injurieux. ', vement avare.
i. Vilain a signilié d'abord par- ' '^. Voilà un des effets du vice :
san, roturier{villanus.devilla,[si \ les valets mêmes raillent le
ferme) ; puis il a pris, comme | maître.
adjectif et comme nom, le sens ">. La.harrelle, <,orte de béret ou d'avare.
3. Ladre veut dire primitivement lépreux. C'est le nom vul- béret, au moyen de soufflets.
de bonnet de pavsan.- Parler a la barrette, c'est faire tomber le
iiAKPAGON. — Je te rosserai si lu parles.
LA FLÈCHii. — Qui se sent morveux, qu'il se moucbc '.
HARPAGON. — Te tairas-tu ?
• i,A FLÈCHE. — Oui, malgré moi.
HARPAGON. — Ha ! Ha !
LA FLKCHF,, montrant d Harpagon une poche de son justaïu'orpx. — Tenezj voilà encore une pociie : êtes-vous satisfait?
HARPAGON. — Allons, rends-lc-Hioi sans te fouiller -.
LA FLÈCHE. — Quoi ?
1LA.RPAGON. — Ce que tu m'as pris.
LA FLÈCHE. — Je ne vous ai rien pris du tout.
HARPAGON. — Assurément?
LA FLÈCHE. — Assurémcnt.
HARPAGON. — Adieu. Va-t'en à tous les diables !
LA FLÈCHE, à part. — Me Aoilà fort bien congédié.
HARPAGON. — Je te le 3 mets sur ta conscience, au moins.