‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 215 sur 443 · A.CTE X^V · texte numérisé non relu

A.CTE X^V

SCÈNE YII HARl'AGOX (Il crie au voleur dès le Jardin et vient sans chapeau.)

Au voleur ! au voleur ! à l'assassin ! au meurtrier ! Juslice, juste ciel ! je suis perdu, je suis assassiné, on m'a coupé la gorge : on m'a dérobé mon argent. Qui peut-ce être? Qu'esl-il devenu? Où est-il? Où se cache-t-il ? Que l"erai-je pour le trouver? Où courir? Oii ne pas courir? N'esl-il point là ? N'est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête. {A lui-mârne, se prenant par le bras.) Rends -moi mon argent, coquin. . . Ah ! c'est moi ! Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! mon pauvre argent ! mon pauvre argent ! mon cher ami ! on m'a privé de toi ; et, puisque tu m'es enlevé, j'ai perdu mon support', ma consolation, ma joie : tout est Uni pour moi, et je n'ai plus que faire au monde. Sans toi, il m'est impossible de vivre-. C'en est fait; je n'en puis plus ; je me meurs; je suis mort ; je suis enterré. N'y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon argent, ou en m'apprenant qui l'a pris ? Euh ! que dites-vous ? Ce n'est personne. Il faut, qui que ce soit qui ait fait le coup, qu'avec beaucoup de soin on ait épié l'heure ; et l'on a choisi justement le temps que je i)arlais à mon traître de lils. Sortons. Je veux aller quérir la justice, et faire donner la question^ à toute ma maison ; à servantes, à valets, à lils, à lille, et à moi aussi. Que de gens assemblés^ ! Je ne jette mes regards

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