‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 244 sur 443 · A respecter := à être respecté · texte numérisé non relu

A respecter := à être respecté

RÈGLE : L'infinitif précédé d'une préposition s'employait à l'actif dans beaucoup de cas où nous mettons le passir: « Ce n'était pas le roi qu'ils voyaient, mais son corps prêt à prorter = (à être porté) en terre. » (Yaugklas, Quinte-Curce. X, 5.)

7. Naturellement, M. de Pourceaugnac est aussi grotesque d'allure que de costume.

MONSIEUR DE POURCEAUGXAC 221

MONSIEUR DE pouRCEAUGXAG. — Oui, gentilhomme limosini.

SBRiGANi. — Homme d'esprit.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Qui a étudié en droit-.

SBRiGAXi. — Il Aous fait trop d'honneur de venir dans votre ville.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — SaUS doute.

SBRIGANI. — Monsieur n'est point une personne à faire rire.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Assui'ément.

SBRIGANI. — Et quiconque rira de lui aura affaire à moi.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC, à Sbrigani. — Monsieur, je vous suis inliniment obligé.

SBRIGANI. — Je suis fàché, Monsieur, de voir recevoir de la sorte une personne comme vous ; et je vous demande pardon pour la ville.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Je suis votre serviteur.

SBRIGANI. — Je vous ai vu ce matin, Monsieur, avec le coche, lorsque vous avez déjeuné; et la grâce avec laquelle vous mangiez votre pain ^, m'a fait naître d'abord de l'amitié pour vous; et, comme je sais que vous n'êtes jamais venu en ce pays, et que vous y êtes tout neuf, je suis bien aise de vous avoir trouvé, pour vous offrir mon service à cette arrivée, et vous aider à vous conduire parmi ce peuple, qui n'a pas parfois pour les honnêtes gens ^ toute la considération quil faudrait.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — C'cst trop de gi'âce que vous me faites.

SBRIGANI. — Je A^ous l'ai déjà dit : du moment que je vous ai vu, je me suis senti pour vous de rinclination.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Jc VOUS Suis obligé.

SBRIGANI. — Votre phjsionomie m'a plu.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Ce ui'est bcaucoup d'honneur.

SBRIGANI. — J'y ai vu quelque chose d'honnête. MONSIEUR DE pouRCE.\UGNAG. — Je suis votrc servitcur. SBRIGANI. — Quelque chose d'aimable.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Ail ! ail !

SBRIGANI. — De gracieux.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Ail ! ah !

SBRIGANI. — De doux.

i. Nous disons Limousin. 1 sins avaient la réputation d'être

2. Le mot est d'autant plus grands mangeurs de pain, naïf qu'un gentilhomme n'étu- j 4. Les honnêtes o-ens. Nous adie pas le droit. j vons déjà signalé le sens de ce

3. Sbrigani continue à se mo- I mot qui signifie les gens distinquer froidement. Les Limou- j g-fjés. Cf. p. 68, n. 10.

"" MOLIERE

MONSIEUR DE POURCEAUGXAC. — AU ! ail '

SBRiGAxr. — De majestueux.

MONSIEUR DE POURCEAUGXAG. — Ah ' aU '

SBRiGAxi. — De franc.

MONSIEUR DE POURCEAUGXAC. — Ail ' ail '

SBRiGAXi. — Et de cordial.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Ah ' ah '

sBRiGANi. - Je VOUS assurc que je suis tout à vous

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Je VOUS ai 1

d'obligation. ^^'"^ ^^ beaucoup

SBRiGANi. - C'est du fond du cœur que je parle

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Je le Crois

SBRiGANi - Si j'avais l'honneur d'être connu de vous vous sauriez que je suis un homme tout à fait sincTre '

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. -Je n'en doute po5nt SBRIGANI. - Ennemi de la foui;berie SBmoTNr ^%7^'^^.'^^';-^--«- - J'en suis persuadé.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. - C'est ma pensée SBRIGANI. - Vous regardez mon habit, qui n'est nas fait TeTZ: 'TvTl ' T' ^' ""^ originaire'dl Napï^^eoU-e s'haMll'er P U ^:°"l^\,«.of «^ver un peu et la manière de snaDUler, et la sincérité de mon paysi

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. - C'cst Vort bien fait. Pour "mpigneA " "' "'"'' ' '^ °^°^'^ ''' '^ cour poui la couruS^ns! ~ ''' '"' '''' """' ''' '"^^"^ 'l^'' ^^^ "-

tamenri^rf -f T'^'"'''''''-"^- " ^^'^'' '^^ q"« ^'^ dit mon

SBmrlxr '« ''' propre 3 et riche, et il fera du bruit ici.

SBRIGANI. - Sans doute. A'irez-vous pas au Louvre ^ ■? ma^'cour.™ '''' po^rceaugnac. - Il faudra bien aller faire

SBRIGANI. — Le roi sera ravi de vous voir.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Je le crois.

SBRIGANI. — Avez-vous arrêté un logis '* chei-Tm!'"' °'' Pû^P^c^AUGNAc. - Non "; j'allais en chcr-

ti/j ï'Wp^'o^iràin's^'Lef ;:aleu I [-''f ,"" ^"^'"'"^ '=«'"™^^" •«'^lde la coiédie italienne ton! ^''"^ ^^* courtisans qui çont d la d'ailleurs des fripons ' ^ nt"?^nf'"'- ^««^"'"e de voyage

2. A la modela cour pour , ?efuf quf "e n'oiîte"' ''" ^"'^^ '

iacampas-ne.Uïfiutenlenârormf ^'^'"' 4"' ^e poi te.

-M. cleVourceaugnaf s"est fiit ^ rT^ "" ^f sens. d-c^Z.=g-««/.

caLfeudc btbi idit I 4. C.-a-d. rendre Visite au Roi.

MONSIEUR DE POURCEAU GNAC

SBRiGAXi. — Je serai bien aise d'être avec vous pour cela; et je connais tout ce pays-ci.

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