‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 246 sur 443 · Le, entendez cet hoinieiir · texte numérisé non relu

Le, entendez cet hoinieiir

4. C'est oïl = c'est là oïi. Pour la suppression de l'antécédent, cf. la RÈGLE : Il {'eut a<'oir trop d'esprit, dont j'enrage, p. 91, n. i.

heures à jouir de votre agréable conversation. Vous ne vous remettez pas tout cela ?

MONSIEUR DE pouucEAUGXAC. — Excusez-moi ; je me le remets. (A Sbrigani.) Diable emportei si je m'en souviens- !

SBRiGAXi, bas, à M. de Pourceavffnac. — Il y a cent choses comme cela qui passent de la tète.

ÉRASTE. — Embrassez-moi donc, je vous prie, et resserrons les nœuds de notre ancienne amitié.

SBRIGAXI, d M. de Pourceaugnae. — Voilà un homme qui vous aime fort.

ÉRASTE. — Dites-moi un peu des nouvelles de toute la parenté. Comment se porte Monsieur votre. . . là. . . qui est si honnête homme ?

MONSIEUR DE pouRCEAUGXAG. — Mon frère le consiiP?

ÉRASTE. — Oui.

MONSIEUR DE pouRCEAUGNAC. — II sc porle le micux du monde.

ÉRASTE. — Certes, j'en suis ravi. Et celui qui est de si bonne humeur ? Là. . . Monsieur votre ^. . .

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Mou cousiu l'assesscur ^ ?

ÉRASTE. — Justement.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Toujours gai et gaillard.

ÉRASTE. — Ma foi, j'en ai beaucoup de joie. Et Monsieur votre oncle? le. . . ?

MONSIEUR DE POURCEAUGN.A.C. — Jc n'ai poiut d'ouclc.

ÉRASTE. — Vous aviez pourtant ^ en ce temps-là. . .

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Nou : rien qu'une tante.

ÉRASTE. — C'est ce que je voulais dire, Madame votre tante ^. Gomment se porte-t-elle ?

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Elle cst mortc dcpuis six mois.

ÉRASTE. — Hélas! la pauvre femme! Elle était si bonne personne !

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Nous avons Russl mon neveu le chanoine qui a pensé mourir de la petite vérole.

K. Diable emporte, pour le dia- \ 4. Eraste pose ses questions blem'emportc.CLRÈG'L^-.Unplus savant le fasse, p. 52, n. 1.

2. Bien comique est cet embarras de Pourceaug^nac flatté et très désireux de retrouver des

au hasard, imperturbablement.

Mais avec quelle candeur Pourceaugnae lui fournit des renseig-nements que le malicieux jeune homme a Pair de tirer de luisouvenirs qui ne peuvent, et } même !

pour cause, lui revenir. 5. L'assessd'Krjouele rôlede ju-

3. Les consuZs étaient des sor- ! ge suppléant dans les tribunaux, tes de conseillers municipaux, | ti. loiis aviez =: vous enaviez un. attachés au Corps-rfc- T^/7/f, ou de 7. Eraste ne perd pas la tète,

juges aux tribunaux de com- mais Pourceaugnae est d'une merce. évidente sottise.

Photo Walery.

FiG. 26. — Réception de M. de Pourceaugnac. (p. 223). (Odcon.) Acte I, Scène iv

L'étonnement de Pourceaugnac est vif devant les grands gestes d'amitié d'Eraste. Le vêtement du gentilhomme limousin est d'une élégance provinciale à côté de celui d'Eraste. Quant à Sbrigani, il est costumé à l'italienne.

MONSIEUR DE POURCEAUOXAC 225

ÉRASTE. — Quel dommage c'aurait été !

MONSIEUR DE pouRCEAUGNAC. — Le connaisscz-vous aussi? ÉRASTE. — Vraiment si je le connais ! Un grand' garçon bien fait.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Pas dcs plus gvands. KRASTE. — Non ; mais de taille bien prise.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAG . — Eli! OUi.

ÉRASTE. — Qui est votre neveu?

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Oui.

ÉRASTE. — Fils de votre frère ou de votre sœur ?

MONSIEUR DE POURCEAUGNAG. — JuStCUient.

ÉRASTE. — Clianoine de l'église de... Comment l'appelezvous ?

MONSIEUR DE POURCEAUGN.A.C. — De Saint-Elieniie '.

ÉRASTE. — Le voilà; je ne connais autre-.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC, à Sbrigiini. — Il dit toute la parenté.

sBRiGANi. — Il vous coiinaît plus que vous ne crojez^.

MONSIEUR DE POURCE.VUGXAC. — A CC (JUC je VOis, VOUS

avez demeuré longtemps dans notre ville? ÉRASTE. — Deux ans entiers.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — VoUS élicZ doilC là quaild

mon cousin l'élu ^ lit tenir ^ son enfant à Monsieur notre gouverneur ?

ÉRASTE. — Vraiment oui, j'y fus convié des premiers.

MONSIEUR DE POURCE*AUGNAC. — Cela fut galant.

ÉRASTE. — ïrès-galant.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — C'était uu pcpas bien troussé ''.

ÉRASTE. — Sans doute.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — VoUS VÎtCS doUC aUSSl la

querelle que j'eus avec ce gentilhomme périgordin"?

ÉRASTE. — Oui.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Parblcu ! il trouva à qui parler.

ÉRASTE. — Ah I ah !

l. Saint-Etienne est bien la cathédrale de Limoges.

■2. Je Jic connais autre = Je ne connais pas autre (que lui).

Cf. RÈGLE : Le chien ne bouge, p. 176, n. 6.

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