Un dessus, c'est une voix haute, de soprano
i. La haute-contre est la A'oix de ténor.
5. La basse de viole correspond à notre violoncelle : elle avait six cordes (parfois sept). On en jouait avec un archet.
6. Le thcorbe (variété du luth) a été remplacé par notre guitare. Il avait onze cordes pour les hautes et huit cordes pour les basses. On pinçait ces cordes, sans archet.
7. Le clavecin avait à peu près, quoiqu'avec moins d'ampleur, la forme de notre piano à queue
moderne. La sonorité en était sèche et métallique.
8. Les basses continues forment ce que nous appelons l'accompagnement.
9. Deux dessus de violon, c.-àd. deux violons pour jouer les parties de dessus.
10. Les ritournelles sont des airs joués par les instruments, etqui encadrent le chant, comme des sortes de refrains.
11. La trompette marine n'est pas une trompette, mais une sorte de mandoline à long manche et à une seule corde de boyau très gros, montée sur chevalet. Vigoureusement frottée avec l'arcliet, cette corde rendait des sons puissants, rauques et sans harmonie. Mais M. Jourdain aime ce qui est bruyant.
LE jMAÎTKE DE MUSIQUE. — Vous aurez tout ce qu'il vous faut.
MONSIEUR JouuDAix. — Mais, surtout, que le ballet soit beau.
LE MAÎTRE DE MUSIQUE. — Vous en scrcz coulent; et, entre autres choses, de certains menuets i que vous y verrez.
MONSIEUR JOURDAIN. — Ail ! Ics meiiuets sont ma danse, et je veux que vous me les voyiez danser. Allons, mon maître.
LE MAÎTRE A DANSER. — Un cliapeaU", Monsieur, s'il vous plaît. (M. Jourdain ra prendre le chapeau de son laquais, et le met par-dessus son bonnet de nuit. Son maître lui prend les mains et le fait danser sur un air de menuet qu'il chante'^.) La, la, la ; La, la, la, la, la, la ; La, la, la, la ; La, la, la; La, la. En cadence, s'il vous plaît. La, la, la, la. La jambe di'oite, La, la, la. ?se remuez point tant les épaules. La, la, la, la, la: La, la, la, la, la. Vos deux bras sont estropiés. La, la, la, la, la. Haussez la tèle. Tournez la pointe du pied en dehors. La, la, la. Dressez votre corps*.
MONSIEUR JOURDAIN. — Euh !
LE MAÎTRE DE MUSIQUE. — Voilà qui est le mieux du monde.
MONSIEUR JOURDAIN. — A pi'opos ! apprcnez-moi comme ^ il faut faire une révéï'ence pour saluer une marquise ; j'en aurai besoin tantôt.
LE MAÎTRE A DANSER. — Une révéreucc pour saluer une marquise ?
MONSIEUR JOURDAIN. — Oui. Une marquise qui s'appelle Dorimène''.
LE MAÎTRE A DANSER. — Donncz-moî la main.
MONSIEUR JOURDAIN. — NoD. Vous ii'avcz quà faire : je le retiendrai bien.
LE MAÎTRE A DANSER. — Si VOUS voulez la salucr avec beaucoup de respect, il faut faire d'abord une révérence en
^. Le menuet, une des phis an- qui est facile et fort gracieux.
4. JI. Jourdain a grand peine à exécuter ces mouvements en mesure. Les comédiens ont d'ailleurs pris plaisir à développer la scène et à l'enrichir de variations grotesques.