La botte, c'est le coup en avant (de l'italien botta
(Le maître d'armes lai pousse deux ou trois bottes, en lui disant: en garde.)
MONSIEUR JOURDAIN. — Eull 1 ?
LE MAÎTRE DE MUSIQUE. — Vous failes clcs merveilIcs.
LE MAÎTRE d' ARMES. — Je VOUS l'ai déjà dit, tout le secret des armes ne consiste qu'en deux choses, à donner et à ne point recevoir; et, comme je vous iis voir l'autre jour par raison démonstrative-, il est impossible que vous receviez, si vous savez détourner l'épée de votre ennemi de la ligne de votre corps ; ce qui ne dépend seulement ^ que d'un petit mouvement du poignet, ou en dedans, ou en dehors.
MONSIEUR JOURDAIN. — De cctte façon donc, un homme, sans avoir du cœur*, est sûr de tuer son homme, et de n'être point tué* ?
LE MAÎTRE d'armes. — Sans doute. N'en vîtes-vous pas la démonstration ?
MONSIEUR JOURDAIN. — Oui.
LE MAÎTRE d'armes. — Et c'cst Cil quoi l'on voit de quelle considération, nous autres, nous devons être dans un Etat, et combien la science des armes l'emporte hautement sur toutes les autres sciences inutiles, comme la danse, la musique, la...
LE MAÎTRE A DANSER'. — Tout beau, Monsicur le tireur d'armes ; ne parlez de la danse qu'avec respect.
LE MAÎTRE DE MUSIQUE. — Apprenez, je VOUS prie, à micux traiter l'excellence de la musique.
LE MAÎTRE d'armes. — Vous ète& de plaisantes gens, de vouloir comparer vos sciences à la mienne !
LE MAÎTRE DE MUSiQUTE. — Voycz uu pcu l'hommc d'imporlance !
LE MAÎTRE A DANSER. — Voilà uu plaisant animal, avec son plastron -^ !
LE MAÎTRE d' ARMES. — MoR petit maître à danser, je vous ferais 6 danser comme il faut. Et vous, mon petit musicien, je vous ferais chanter de la belle manière.
1. M. Jourdain a déjà eu bien de la peine à l'aire ces mouveraenls. D'où ce cri d'inquiétude en recevant les bottes.