Cf. p. 77, n. l. [ d'Org^on : « Le pauvre homme
• * Comparez dans Tartufe, p. 2. ,4 droit (du côté droit) = à
"^18, les exclamations répétées droite.
Pliotu Hi'it
Fi(,. 32. — Type de spadassin.
(M. Fenoux, delà Coniédie-Fi-ançaise, dans le rôle de Comediante).
Une grande rapière, un chapeau à plumes menaçantes, un costume soldatesque, et des yeux terribles, tels sont les attributs .du spadassin qui souvent, dans la comédie, tient du matamore et de Scapin.
LK3 FOURBERfES DE SCAPIN 301
scAPiN. — J'en imagine bien un ; mais je courrais risque, moi, de me faire assommer.
GÉRONTE. — Et ! Scapin, montre-toi serviteur zélé. Ne m'abandonne pas, je te prie.
scAPix. — Je le veux bien. J'ai une tendresse pour vous qui ne saurait souffrir que je vous laisse sans secours.
GÉROXTE. — Tu en seras récompensé, je l'assure; et je te promets cet habit-ci quand je l'aurai un peu usé^.
scAPix. — Attendez. Voici une affaire que je me suis trouvée fort à propos - ^lour vous sauver. Il faut que vous vous mettiez dans ce sac, et que. . .
GÉRONTE, croyant voir quelqu'un. — Ah !
SCAPIN. — Non, non, non, non, ce n'est personne. Il faut, dis-je, que vous vous mettiez là-dedans, et que vous gardiez de 3 remuer en aucune façon. Je vous chargerai sur mon dos comme un paquet de quelque chose, et je vous porterai ainsi, au travers de vos ennemis, jusque dans votre maison, où, quand nous serons une fois, nous pourrons nous barricader, et envoyer quérir main-forte contre la violence.
GÉRONTE. — L'invention est bonne.
SCAPIN. — La meilleure du monde. Vous allez voir. (A part.) Tu me payeras l'imposture.
GÉRONTE. — Eh ?
SCAPIN. — Je dis que vos ennemis seront bien attrapés. Mettez-vous bien jusqu'au fond; et surtout prenez garde de ne vous point montrer, et de ne branler * pas, quelque chose qui puisse arriver. . .
GÉRONTE. — Laisse-moi faire ; je saurai me tenir...
SCAPIN. — Cachez-vous; voici un spadassin qui vous cherche. (En contrefaisant sa i-oix.) « Quoi ! je n'aurai pas l'abantage dé tuer ce Géronle, et quelqu'un, par charité, né m'enseignera pas où il est'' ! » (A Gérante, avec sa voix ordinaire.) Ne branlez pas. « Cadédis*', je lé Irouberai, se cachât-il au centre dé la terre. » (A Gérante, avec son ton naturel.) Ne vous montrez pas. (Tout le-langage gascon est supposé de celui qu'il contrefait, et le reste de lui.) « Oh ! l'homme au sac. » Monsieur. « Je té vaille ' un louis, et m'enseigne^ où put être Géronle. » Vous cherchez le seigneur Géronte ? << Oui, mordi, je lé cherche. » Et pour quelle affaire, Monsieur ? « Pour quelle
1. Les vieillards de la comédie ' 3. Gardiez de = évitiez de.
sont toujours plus ou moins ! 4. Branler = remuer. avares. o. C'est l'accent gascon.
:2. Uaffaire, c'est le sac. Que 6. Juron g-ascon qui signifie
je me suis trouvée a le sens que par la tète de Dieu.
Je viens de me trouver sous la , 1. \'aille r= baille, donne.
main. 1 8. M'enseigne =^ enseigne-moi.
affaire ? » Oui. « Je beux, cadédis, lé faire mourir sous les coups dé valon. » Oh ! Monsieur, les coups de bâton ne se donnent point à des g-cns comme lui, et ce n'est pas un homme à être traité de la sorte. « Qui ? ce fat dé Géronte, ce maraud, ce vélître? » Le seigneur Géronte, Monsieur, n'est ni fat, ni maraud, ni bélître; et vous devriez, s'il a'ous plaît, parler d'autre façon. « Comment, tu mé traites, à moi ', avec cette hautur?» Je défends, comme je dois, un homme d'honneur qu'on offense. « Est-ce que lu es des amis dé ce Géronte ? » Oui, Monsieur, j'en suis. « Ah! cadédis, lu es dé ses amis: à la A'onne liuve'^. » (Donnant plusieurs coups de bdton sur le sac.) « Tiens, boilà ce que je té vaille pour lui. » (Criant comme s'il recevait les coups de bâton ) Ah, ah, ah, ah. Monsieur. Ah, ah, Monsieur, tout beau. Ah, doucement. Ah, ah, ah. « Va, porte-lui cela dé ma part. Adiusias^. » Ali ! Diable soit le Gascon ! Ali ! (En se plaignant et remuant le dos, comme s'il avait reçu les coups de bdton).
GÉRONTE, mettant la tète hors du sac. — Ah ! Scapin, je n'en puis plus.
SCAPIN. — Ah î Monsieur, je suis tout moulu, et les épaules me font un mal épouvantable.
GÉRONTE. — Comment ! c"cstsur les miennes qu'il a frappé.
SCAPIN. — Nenni, Monsieur, c'était sur mon dos qu'il frappait.
GÉRONTE. — Que veux-tu dire ? Jai bien senti les coups, et les sens Jjien encore.
SCAPIN. — Non, vous dis-je ; ce n'est que le bout du bâton qui a été jusque sur vos épaules.
GÉRONTE. — Tu devais^ donc te l'etirer un peu plus loin pour m'épargner. . .
SCAPIN, lui remettant la tête dans le sac — Prenez garde ; en voici un autre qui a la mine d'un étranger. (Cet endroit est de même '• celui du Gascon, pour le changement de langage et le jeu de théâtre.) « Parti*' ! moi courir comme une Basque, et moi ne pouvre point Iroufair de tout le jour stitiable dcGironte.» Cachez-vous bien. » Dites-moi un peu, fous, Monsir l'homme, s'il ve plaît, fous safoir point où l'est sti Girbnte que moi cherchair ? » Non, Monsieur, je ne sais point où est Géronte. « Dites-moi-le, fous, frenchemente, moi li fouloir pas grande
1. On entend généralement, quand tu parles à moi. Mais n'est-ce pas phi tôt un gasconisme qui existe encore aujourd'hui ?