Tout votre soûl = à votre satiété, cf. p. 249, n
LE MALADE IMAGIXAIRE 301
ToiXETTE. — Si VOUS avcz le plaisir de quereller, il faut bien que, de mon côté, j'aie le plaisir de pleurer : chacun le sien', ce n'est pas trop-. Ha !
ARGAX. — Allons, il faut en passer par là. Ote-moi ceci, coquine, ôte-moi ceci. (Argan se lève de sa chaise.) Mon lavement d'aujourd'hui a-t-il bien opéré?
TOIXETTE. — Votre lavement?
AHGAX. — Oui. Ai-je bien fait de la bile ?
TOIXETTE. — Ma foi ! je ne me mêle point de ces affaires-là ; c'est à Monsieur Fleurant à y mettre le nez, puisqu'il en a le prolit.
AUGAX". — Qu'on ait soin de me tenir un bouillon prêt, pour l'autre^ que je dois tantôt prendre.
ToiiNETTE. — Ce Monsieur Fleurant-là et ce Monsieur Purgon s'égayent bien sur votre corps; ils ont en vous une bonne vache à lait, et je voudrais bien leur demander quel mal vous avez, pour vous faire < tant de remèdes.
AUGAX. — Taisez-vous, ignorante ; ce n'est pas à a ous à contrôler les ordonnances de la médecine. Qu'on me fasse venir ma fille Angélique: j'ai à lui dire quelque chose.
TOIXETTE. — La voici qui vient d'elle-même ; elle a deviné votre pensée.