‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 409 sur 443 · J^CTE II SCÈNE Y · texte numérisé non relu

J^CTE II SCÈNE Y

MONSIEUR DIAFOIRUS, THOMAS DIAFOltU'S, ARGAN, ANGÉLIQUE, TOINETTE

ARGAN, mettant la main d son bonnet, sans Voter. — Monsieur Purgon, Monsieur, m'a défendu de découvrir ma tète. Vous êtes du métier : vous savez les conséquences.

MONSIEUR DIAFOIRUS. — Nous sommcs dans toutes nos

1. Le ïrt/n&ri.s, c'est la boiserie 1 3. Admirez ce brusque passage qui recouvre ralcOve et qui foi*- j des larmes hypocrites aux quesme sans doute placard secret. ! tions intéressées. — Mais aussi

2. Le titre est sans nom: quel quelle naïveté chez Argan ! que soit le porteur, il peut en i 4. .4îî pri.vrfi? se disait souvent toucher le montant. : i)our en comparaison de.

visites pour porter secours aux malades, et non pour leur porter de l'incommodité.

(Argan et M. Biafoirus parlent en même temps.)

ARGAN. — Je reçois, Monsieur,

MONSIEUR DiAFOiRUS. — Nous vcnons ici. Monsieur...

ARGAX. — Avec beaucoup de joie. . .

aïoivsiELR DIAFOIRUS. — Mon lils Thomas et moi. . .

ARGAN. — L'honneur que vous me faites...

MONSIEUR DIAFOIRUS. — De VOUS témoigner, Monsieur...

ARGAN. — Et j'aurais souhaité. ..

MONSIEUR DIAFOIRUS. — Le ravissement où nous sommes...

ARGAN. — De pouvoir aller chez vous. . .

MONSIEUR DIAFOIRUS. — Dc la gràcc que vous nous faites...

ARGAN. — Pour vous cu assurer. . .

MONSIEUR DIAFOIRUS. — De vouloir bien nous recevoir. .,

ARGAN. — Mais vous savez, Monsieur. . . '

MONSIEUR DIAFOIRUS. — Daus l'honiieur, Monsieur...

ARGAN. — Ce que c'est qu'un pauvre malade...

MONSIEUR DIAFOIRUS. — De votrc alliance. . .

ARGAN. — Qui ne peut faire autre chose. , .

MONSIEUR DIAFOIRUS. — Et A'ous assurcr. . .

ARGAN. — Que de vous dire ici. . .

MONSIEUR DIAFOIRUS. — Quc daus Ics choscs qui dépendront de notre métier. . .

ARGAN, — Qu'il cherchera toutes les occasions. . .

MONSIEUR DIAFOIRUS, — Dc mèiue qu'en toute autre. . .

ARGAN. — De vous faire connaître, Monsieur...

MONSIEUR DIAFOIRUS. — Nous scrous toujours prêts, Monsieur. . .

ARGAN. — Qu'il est tout à votre service. . .

MONSIEUR DIAFOIRUS. — A VOUS témoigner notre zélé '. {A son fils) Allons, Thomas, avancez. Faites vos compliments-.

TiiOM-vs DIAFOIRUS, à J\I. ViafoirusK — N'est-ce pas par le Ijère qu'il convient commencer ?

MONSIEUR DIAFOIRUS. — Oui.

THOMAS DIAFOIRUS, à Argan. — Monsieur, je viens saluer, reconnaître, chérir et révérer en vous un second père ; mais un second père auquel j'ose dire que je me ti'ouve plus

1. Ces gens, qui parlent si plaisamment en même temps, ne donnent-ils pas Fidce de trop de conversations, où chacun continue son discours sans écouter autrui ?

:2. Thomas a tout l'air du petit enfant qui va réciter son

compliment.

3. « Tliomas Diafoirus est un grand benêt, nouvellement sorti des écoles, qui fait toutes choses de mauvaise g-ràce (maladroitement) et à contretemps. « (Note de l'édition de 168-2.)

redcA'ablc qu'au premier. Le premier m'a engendré ; mais vous m'avez choisi. Il m'a reçu par nccessilé ; mais vous

m'avez accepté par grâce ' D'autant plus Je vous dois,

et d'autant plus je tiens précieuse cette future liliation, dont je viens aujourd'hui vous rendre, par avance, les très humbles et très respectueux hommages.

ToiNETTE. — Vivent les collèges d'où l'on sort si habile-' homme !

THOMAS DiAFOiuus, à iljf. Diafoiriis. — Cela a-t-il bien été, mon père ?

MONSiEUu DiAFomxJs. — Optuhe^.

AUGAN, à Angélique. — Allons, saluez Monsieur.

THOMAS DiAFOiRUS, à M. DiafoiniH. — Baiserai-je ?

MONSIEUR DIAFOIRUS. — Oui, Oui.

THOMAS DIAFOIRUS, à Angélique. — Madame, c'est avec justice que le ciel vous a concédé le nom de belle-mère, puisque l'on ^. . .

ARGAN, d Thomas Diafoirus. — Ce n'est pas ma femme, c'est ma lille à qui vous parlez.

THOMAS DIAFOIRUS. — OÙ doHC CSt-clle ?

ARGAN. — Elle va venir,

THOMAS DIAFOIRUS. — Attciidrai-je, mon père, qu'elle soit venue ?

MONSIEUR DIAFOIRUS. — Faites toujours le compliment de Mademoiselle.

THOMAS DIAFOIRUS. — Mademoiselle, ne ' plus ne moins que la statue de Memnon " rendait un son harmonieux, lorsqu'elle venait à être éclairée des rayons du soleil, tout de même' me sens-jc animé d'un doux transport à l'apparition du soleil '^ de vos beautés ; et, comme les naturalistes remarquent que la Heur nommée héliotrope tourne sans cesse vers cet astre du jour, aussi mon cœur dores-enavant'-' tournera-t-il toujours vers les astres resplendissants de vos yeux adorables, ainsi que vers son pôle unique. Souffrez donc. Mademoiselle, que j'appende "' aujourd'hui

1. Le discours est tout à fait scolastique, avec ses reprises d'expressions et ses anlllhoses calcvUécs.

-2. Habile = savant.

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