J^CTE II SCÈNE Y
MONSIEUR DIAFOIRUS, THOMAS DIAFOltU'S, ARGAN, ANGÉLIQUE, TOINETTE
ARGAN, mettant la main d son bonnet, sans Voter. — Monsieur Purgon, Monsieur, m'a défendu de découvrir ma tète. Vous êtes du métier : vous savez les conséquences.
MONSIEUR DIAFOIRUS. — Nous sommcs dans toutes nos
1. Le ïrt/n&ri.s, c'est la boiserie 1 3. Admirez ce brusque passage qui recouvre ralcOve et qui foi*- j des larmes hypocrites aux quesme sans doute placard secret. ! tions intéressées. — Mais aussi
2. Le titre est sans nom: quel quelle naïveté chez Argan ! que soit le porteur, il peut en i 4. .4îî pri.vrfi? se disait souvent toucher le montant. : i)our en comparaison de.
visites pour porter secours aux malades, et non pour leur porter de l'incommodité.
(Argan et M. Biafoirus parlent en même temps.)
ARGAN. — Je reçois, Monsieur,
MONSIEUR DiAFOiRUS. — Nous vcnons ici. Monsieur...
ARGAX. — Avec beaucoup de joie. . .
aïoivsiELR DIAFOIRUS. — Mon lils Thomas et moi. . .
ARGAN. — L'honneur que vous me faites...
MONSIEUR DIAFOIRUS. — De VOUS témoigner, Monsieur...
ARGAN. — Et j'aurais souhaité. ..
MONSIEUR DIAFOIRUS. — Le ravissement où nous sommes...
ARGAN. — De pouvoir aller chez vous. . .
MONSIEUR DIAFOIRUS. — Dc la gràcc que vous nous faites...
ARGAN. — Pour vous cu assurer. . .
MONSIEUR DIAFOIRUS. — De vouloir bien nous recevoir. .,
ARGAN. — Mais vous savez, Monsieur. . . '
MONSIEUR DIAFOIRUS. — Daus l'honiieur, Monsieur...
ARGAN. — Ce que c'est qu'un pauvre malade...
MONSIEUR DIAFOIRUS. — De votrc alliance. . .
ARGAN. — Qui ne peut faire autre chose. , .
MONSIEUR DIAFOIRUS. — Et A'ous assurcr. . .
ARGAN. — Que de vous dire ici. . .
MONSIEUR DIAFOIRUS. — Quc daus Ics choscs qui dépendront de notre métier. . .
ARGAN, — Qu'il cherchera toutes les occasions. . .
MONSIEUR DIAFOIRUS, — Dc mèiue qu'en toute autre. . .
ARGAN. — De vous faire connaître, Monsieur...
MONSIEUR DIAFOIRUS. — Nous scrous toujours prêts, Monsieur. . .
ARGAN. — Qu'il est tout à votre service. . .
MONSIEUR DIAFOIRUS. — A VOUS témoigner notre zélé '. {A son fils) Allons, Thomas, avancez. Faites vos compliments-.
TiiOM-vs DIAFOIRUS, à J\I. ViafoirusK — N'est-ce pas par le Ijère qu'il convient commencer ?
MONSIEUR DIAFOIRUS. — Oui.
THOMAS DIAFOIRUS, à Argan. — Monsieur, je viens saluer, reconnaître, chérir et révérer en vous un second père ; mais un second père auquel j'ose dire que je me ti'ouve plus
1. Ces gens, qui parlent si plaisamment en même temps, ne donnent-ils pas Fidce de trop de conversations, où chacun continue son discours sans écouter autrui ?
:2. Thomas a tout l'air du petit enfant qui va réciter son
compliment.
3. « Tliomas Diafoirus est un grand benêt, nouvellement sorti des écoles, qui fait toutes choses de mauvaise g-ràce (maladroitement) et à contretemps. « (Note de l'édition de 168-2.)
redcA'ablc qu'au premier. Le premier m'a engendré ; mais vous m'avez choisi. Il m'a reçu par nccessilé ; mais vous
m'avez accepté par grâce ' D'autant plus Je vous dois,
et d'autant plus je tiens précieuse cette future liliation, dont je viens aujourd'hui vous rendre, par avance, les très humbles et très respectueux hommages.
ToiNETTE. — Vivent les collèges d'où l'on sort si habile-' homme !
THOMAS DiAFOiuus, à iljf. Diafoiriis. — Cela a-t-il bien été, mon père ?
MONSiEUu DiAFomxJs. — Optuhe^.
AUGAN, à Angélique. — Allons, saluez Monsieur.
THOMAS DiAFOiRUS, à M. DiafoiniH. — Baiserai-je ?
MONSIEUR DIAFOIRUS. — Oui, Oui.
THOMAS DIAFOIRUS, à Angélique. — Madame, c'est avec justice que le ciel vous a concédé le nom de belle-mère, puisque l'on ^. . .
ARGAN, d Thomas Diafoirus. — Ce n'est pas ma femme, c'est ma lille à qui vous parlez.
THOMAS DIAFOIRUS. — OÙ doHC CSt-clle ?
ARGAN. — Elle va venir,
THOMAS DIAFOIRUS. — Attciidrai-je, mon père, qu'elle soit venue ?
MONSIEUR DIAFOIRUS. — Faites toujours le compliment de Mademoiselle.
THOMAS DIAFOIRUS. — Mademoiselle, ne ' plus ne moins que la statue de Memnon " rendait un son harmonieux, lorsqu'elle venait à être éclairée des rayons du soleil, tout de même' me sens-jc animé d'un doux transport à l'apparition du soleil '^ de vos beautés ; et, comme les naturalistes remarquent que la Heur nommée héliotrope tourne sans cesse vers cet astre du jour, aussi mon cœur dores-enavant'-' tournera-t-il toujours vers les astres resplendissants de vos yeux adorables, ainsi que vers son pôle unique. Souffrez donc. Mademoiselle, que j'appende "' aujourd'hui
1. Le discours est tout à fait scolastique, avec ses reprises d'expressions et ses anlllhoses calcvUécs.
-2. Habile = savant.