‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 432 sur 443 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

ARGAX, BÉRALDE, TOINETÏE

AKUAN. — Quoi qu'il en soit, mon frère, elle ' sera religieuse ; c'est une cliose résolue.

BÉRALDE. — Vous voulez faire plaisir à queUju'un-.

ARGAN. — Je Aous cntends. Vous en revenez toujours là, et ma femme vous tient au cœur.

BÉRALDE. — EU bien ! oui, mon frère : puisqu'il faut parler à cœur ouvert, c'est votre femme que je veux dire ; et, non plus que l'entêtement de la médecine, je ne puis vous^ souffrir l'entètemenl oii vous êtes pour elle, et voir que vous donniez, tête baissée, dans tous les pièges qu'elle vous tend.

ToiNETTE. — Ah ! Monsieur, ne parlez point de Madame ; cest une femme sur laquelle il n'y a rien à dire, une femme sans artilife, et qui aime INIonsieur, qui l'aime... on ne peut pas dire cela '.

ARGAX. — Demandez-lui un peu les caresses qu'elle me fait.

ToiNETTE. — Cela est vrai.

ARGAX. — L'inquiétude que lui donne ma maladie.

TOiNETTE. — Assurément.

ARGAN. — Et les soins et les peines qu'elle prend autour de moi.

Toi.NETTE. — II* est Certain. (A Bcralde.) A'^oulez-A ous que je vous convainque, et vous fasse voir, tout à l'heure, comme Madame aime Monsieur ? (A Argan.) Monsieur, souffrez que je lui montre son bec jaune", et le tire d'erreur.

ARGAN. — Gomment?

ToiNETTE. — Madame s'en Aa revenir. Mettez-Aous tout étendu dans cette chaise, et contrefaites le mort. Vous Acrrez la douleur où elle sera, quand je lui dirai la nouvelle.

ARGAX. — Je le A'cux bien.

TOINETTE. — Oui ; mais ne la laissez pas longtemps dans le désespoir, car elle pourrait bien mourir'.

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