‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 437 sur 443 · SCÈNE XXI · texte numérisé non relu

SCÈNE XXI

ARGAX, ANGÉLIQUE, CLÉAXÏE. TOIXETTE

CLÉANTE. — Qu'avez-vous donc, belle Angélique? Et quel malheur pleurez-vous ?

ANGÉLIQUE. — Hélas ! Je pleure tout ce que dans la vie je pouvais perdre de plus cher et de plus précieux; je pleure la mort de mon père.

CLÉANTE. — O ciel ! quel accident, quel coup inopiné ! Hélas! après la demande que j'avais conjuré votre oncle de lui faire pour moi, je venais me présenter à lui, et lâcher, par mes respects < et par mes prières, de disposer son cœur à vous accorder à mes vœux \

ANGÉLIQUE. — Ah ! Cléaiitc, ne parlons plus de rien. Laissons là toutes les pensées du mariage. Après la perte de mon père, je ne veux plus être du monde, et j'y renonce pour jamais. Oui, mon père, si j'ai résisté tantôt à vos volontés, je veux sui^ re du moins une de vos intentions'', et réparer par là le chagrin que je m'accuse de vous avoir donné. (Se jetant à ses genoux.) Soull'rez, mon père, que je vous eu donne

1. On peut trouver qu'il est cruel de jouer ainsi avec la tendresse d'une lille : Angèliane est aussi sympathique que Bcline est odieuse ; aussi est-il pénible de la voir pleurer. Mais la scène est courte et nous savons que la joie va vite sécher les larmes de la jeune Mlle.

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