‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 61 sur 443 · SCÈNE IX MAGDELON. GATHOS, MASCARILLE, ALMANZOR · texte numérisé non relu

SCÈNE IX MAGDELON. GATHOS, MASCARILLE, ALMANZOR

MASCARILLE, après oi'oir salué. — Mesdames, a'ous serez surprises, sans doute, de l'audace de ma visite; mais votre

1. Canaille, et en vieux fran- ; nellenient dévêtu avec l'aide de çais chienaille, signifie étymolo- \ valets de chambre et d'officiers, fiiquement troupe de chiens. \ Le petit coucher était plus inti-

2. 7'out â l'heure = sur l'heure, me : c'était la dernière toilette à l'instant. avant l'entrée au lit. Seuls quel-

3. En vérité, Mascarille a la ques privilégiés y étaient adpeur des coups. mis. On comprend' alors de quel

4. Le coucher du roi élait une Ion Mascarille lance sa phrase, véritable cérémonie. La cour : 3. Posté = placé.

assistait au grand coucher pen- ■ C. Ce nom oriental et tiré des dant lequel le roi était solen- j romans est plutôt prétentieux.

LES PRÉCIEOSES RIDICULES 67

réputation vous attire cette méchante afTaire, et le mérite a pour moi des cliarmes si puissants, que je cours partout après lui.

MAGDELOX. — Si VOUS poursuivez le mérite, ce n'est pas sur nos terres que vous devez chasser'.

CATHOS. — Pour voir chez nous le mérite, il a fallu que vous l'y ayez amené.

MASCARILLE. — Ah! je m'inscris en faux- contre vos paroles. La renommée accuse ^ juste en contant ce que vous valez; et vous allez faire pic, repic et capot ^ tout ce qu'il y a de galant dans Paris.

MAGDELON. — Volrc complaisaucc lîousse un peu trop avant la libéralité de ses louanges ; et nous n'avons garde, ma cousine et moi, de donner de notre sérieux dans le doux de votre flatterie \

CATHOS. — Ma chère, il faudrait donner des sièges.

MAGUELON. — Holà ! Almauzor.

ALMAXZOR. — Madame.

MAGDELON. — Vite, Aoiturez-nous ici les commodités de la conversation ^.

MASCARILLE. — Mais, au moins, y a-t-il sûreté ici pour moi ? (Almanzor sort )

CATHOS. — Que ci'aignez-vous ?

MASCARILLE. — Quclquc vol de mon cœur, quelque assassinat de ma francliise L Je vois ici des yeux qui ont la mine d'être de fort mauvais garçons, de faire insulte aux libertés, et de traiter une âme de Turc à More ^. Comment, diable ! D'abord qu'on •• les approche, ils se mettent sur leur garde meurtrière '^' ? Ah 1 par ma foi, je m'en délie et je

1. Les précieux se plaisent à l tiens, puis des adjectifs pris suivre une métaphore, sans comme nom, puis le donner craindre raffectation. ' dans pour se laisser prendre à.

'2. Je m'inscris en faux = je pro- ! 6. En style ordinaire : apportesle. Expressionjuridique, et 1 tes des chaises. toujours recherchée. i 7. Franchise = liberté.

3. Accuse = montre, indique. ■ 8. Les Turcs traitent fort dii- ■Jtiste est dit adverbialement. 1 rement les Mores, leurs sujets.

4. Ce sont là trois mots du jeu | 9. D'abord que = sitôtque. Cf. de piquet, et qui signitient waftre l'adversaire avec toutes les bonnes cartes. Mascarille mêle au beau langag-e des propos plus vulg-aires et qui sentent le valet.

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