‹ Scènes de la nature sous les tropiquesChapitre 1 sur 99 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

A mesure que "Europe étend ses relations, qu'elle répand dans les autres parties du monde les bienfaits de la civilisation , on lui voit faire un continuel échange, et elle enrichit ses arts et son commerce de l’industrie de tous les peuples qu'elle soumet à son pouvoir. |

Depuis quelque temps , la littérature semble vouloir profiter de ces communications continuelles établies entre les nations les plus éloignées. On commence à sentir qu'il est aussi important de connaître les pensées des hommes que les productions de leur territoire; on sent même que dans les idées primitives du sauvage, il y a un caractere de grandeur qui étonne, au milieu de notre ordre social. L'Européen demande donc au voyageur de lui retracer les effets d’une nature encore. vierge, les phénomènes produits par le climat , et toutes les impressions morales qui en sont le résultat. Veut-il rap-

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peler des événemens qui se sont passés loin de lui, il sent la nécessité de leur donner cette teinte locale qu'on ne peut obtenir que par des observations multipliées. Les voyages si répandus aujourd'hui, et la perfection du style de quelques-uns d'entre eux, ont agrandi le domaine de la littérature. Les peintures qu'on rencontre dans nos poésies sont plus brillantes et plus animées. Cependant les études qu'il faut faire pour leur donner de Vexactitude, sont quelquefois longues, surtout quand il s'agit de contrées où la nature est totalement différente de la nôtre ; il devient donc intéressant pour les amis de la httérature de rassembler sous un même coup-d'ceil les divers phénomènes qu'on remarque dans les régions situées sous les tropiques, ou ceux qui se passent dans les pays glacés du nord.

Les comparaisons des lieux les plus éloignés auraient sans doute un vif intérêt, mais il faudrait comme Bernardin de Saint-Pierre, avoir visité la Russie et les pays brúlans qui se rapprochent de l'Inde et de l'Afrique. Je n'ai voulu peindre que les lieux que J'avais vus, ou ceux dont je pouvais me faire une

> hi] «3 idée exacte. Ayant visité, il y a quelques années , les forêts de l'Amérique méridionale , J'ai tâché de retracer des scènes dont le souvenir me remplit encore d'admiration. Mais “voulant présenter un tableau moins incomplet que si je m'en étais tent à mes propres observations, une foule de voyageurs m'ont été utiles. Quoique j'aie abandonné l'étude des langues orientales , Je n'étais point entièrement étranger aux auteurs qui pouvaient me fournir des détails intéressans. J'ai puisé dans quelques ouvrages dont les traductions commencent à se répandre, plusieurs documens importans qui font connaître d’une maniere plus directe les inspirations des peu-

ples, et par conséquent le parti qu'on peut tirer de leur poésie.

Mon ouvrage a donc deux buts; celui de rappeler l'influence de la nature sur Fimagi-

nation des hommes qui vivent dans les pays '

chauds, et celui de faire connaître aux Européens le parti qu'ils peuvent tirer des grandes scenes dont ils n'ont souvent qu'une idée imparfaite. Je me suis efforcé en même temps pour donner plus d'utilité à mon travail, de présenter dans les épisodes un tableau exact

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des mœurs de plusieurs tribus sauvages.

Je me trouverai heureux si la peinture de scènes quinous sont encore étrangères excite l'intérêt et donne le désir de rappeler quelques-uns des grands événemens qui se sont passés dans le Nouveau - Monde ou dans l'Asie.

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