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: Voyage au Brésil, traduit par M. Eyriès, t. 3.
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chit de son souffle embaumé. Le poète ou le musicien n'exigent point de vains éloges pour se faire entendre; inspirés par la nature, ils commencent un chant à trois notes, et sans doute les Muses ne leur ont pas refusé toute espèce de talens, puisqu'ils font passer l'enthousiasme qui les anime dans Pâme de ceux dontils sont environnés; ils disent souvent : « Nous ne voulons pas nous éloigner des forêts, nous ne voulons point quitter
le bord des fleuves, car les échos y répètent nos
chants. Que l'étranger s'empare du bord de la mer, Dieu lui donna l'Océan et ses rivages, et lIndien n’y peut plus rien prétendre "; mais nous trouvons encore des plaisirs dans nos déserts, tout le bonheur n'a pas été accordé aux blancs. » Quelquefois la femme d’un chef, habile dans les arts sauvages, saisit sa flute de roseau et fait retentir les échos de ses sons mélancoliques ; les perruches au plumage brillant prêtent l'oreille à ces accens inconnus, et répondent par des sifflemens répétés ; la troupe rit aux éclats de voir les oiseaux trompés par son harmonie sauvage : elle entonne un chant bizarre sur ce sujet, elle forme des rondes de tous côtés, et bientôt l’on n'entend plus que des cris de joie qui se mélent au bruit de la forêt.
* C'est une idée assez généralement adoptée par les indigènes,
que les rivages de l'Océan appartiennent à leurs conquérans.
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