‹ Scènes de la nature sous les tropiquesChapitre 21 sur 99 · É | E = OÙ · texte numérisé non relu

É | E = OÙ

Presque tousles peuples de l'Amérique méridionale se livrent à des danses bizarres. Ces danses | étaient autrefois conduites par les devins qui en fai- 4 saient une cérémonie religieuse.C'est là qu'on soufflait l'esprit de courage aux guerriers et qu'on se préparait au combat. De nos jours, ces réunions ont encore un caractère mystérieux vers certains pays. M. de Neuwied en donne la preuve dans son excursion parmi les Camacans ; M. de Humboldt lui-même a rappelé les rondes monotones de l'habitant des bords de l'Orénoque. Parmi les tribus à demi civilisées et moins considérables, la danse n’est plus qu’un délassement *.

Au milieu de leurs antiques forêts, vers la fin d'une belle journée, si la chasse a été heureuse, si les palmiers ont fourni en abondance leurs fruits délicieux, chaque famille sort de sa cabane pour raconter les exploits des guerriers. Le lieu de la réunion est presque toujours le rivage d'un fleuve majestueux ou le sapoucaya marie son feuillage rose à la verdure des palmiers ; le jambeiro couronné de lianes offre à la troupe Joyeuse ses fruits odorans; les guirlandes, les festons de fleurs , sont prodigués par la nature, et le zéphyr, en les agitant, dérobe leurs parfums délicieux,

pour les répandre dans l'atmosphère qu'il rafrai-

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