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CHAPITRE XX

L'Afrique. Comparaison du caractère poétique de l'Africain

et de l'Américain.

Nous avons quitté pour un instant le Nouveau- Monde, l'Afrique va nous offrir ses tableaux. Fls ont peut-être moins de magnificence et de variété, mais ils ont un nouveau genre d'intérêt. Ses déserts incultes traversés par de courageux voyageurs, ses campagnes cultivées par une population nombreuse, fixeront tour-à-tour notre attention. Les bords du Niger nous fourniront des scènes gracieuses; le Sahra nous présentera les phénomènes qui attristent son immense étendue. Nous visiterons les peuples voyageurs et les cultivateurs paisibles. L'Arabe et le Guanche, Pesclave et le noir libre nous offriront des génies différens et des pensées nouvelles nées de l’aspect d’une nature particulière, quoique le ciel soit le même. Nous les verrons soumis à des inspirations poétiques plus vives que toutes celles des peuples du nord encore dans l'enfance. Elles se reproduiront sous mille formes. Chez les noirs, la danse, destinée à exprimer les passions, se re-

trouve dans toutes. les circonstances de la vie '

et semble être un des prinéipaux mobiles de F existence ; moins attaché peut-être que l’Américain à la contrée qui le vit nitre A ‘habitant de l'Afrique peut vivre loin de sa patrie; n a is soit

qu'il ne traverse point les mers, et qu'il jouisse

de sa liberté, soit que l'clAVare Pentraine vers des contrées étrangères, il porte dans toutes les circonstances un goût pour la poésie qui le distingue des autres peuples. La muse de l'Américain sauvage habite les belles forêts ; elle semble ne plus le favoriser des qu il s'en éloigne. L'Africain porte partout ses inspirations poétiques ; elles sont aussi d’un caractère très-différent, malgré la ressemblance du climat. L'Américain , plongé dans une profonde rêverie, ne sait pas toujours

donner l'essor à sa pensée, et quand il élève la

voix, ses chants sont mélancoliques : sa pantomime est lente, ses yeux expriment plutôt la tris-

tesse que la passion. Le noir, au contraire, sait

tout mettre en action ; ses regards peignent tourà-tour les molles langueurs et les feux dévorans

V. de Grandpré, Voyage à la côte d'Afrique. Il donne le détail d’une foule de danses. On dirait, selon les expressions de M. Adamson, que les nègres sont nés en dansant, à voir la justesse avec laquelle ils marquent la mesure dans tous leurs mouvemens. Voyage

au Sénégal, p. 172.

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