‹ Scènes de la nature sous les tropiquesChapitre 51 sur 99 · RENE · texte numérisé non relu

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a 192 « pelai néanmoins les paroles qu ’Héléna lui avait adressées en le quittant, et je m'efforçai de lui persuader qu'il pouvait encore goûter quelque bonheur sur la terre, en cherchant à faire celui de ses Indiens qu'on verrait bientôt dispersés comme ceux des autres tribus, s’il ne les engageait pas de nouveau à cultiver les terres qu'ils avaient abandonnées. Mes dernières paroles lui firent une profonde impression, et il me promit de chercher à éloigner les pensées qui l’occupaient sans cesse ; mais je sentais moi-même avec peine que le temps seul pourrait lui en donner le courage.

Lorsque nous eúmes voyagé encore plusieurs jours, la nature commença à nous présenter d’autres paysages. Déjà nous avions dépassé les hauteurs de Cachoérinha: leur sommet, toujours couvert de forêts , s'offrait encore à nos regards, au milieu des nuages. Les collines qui nous environnaient descendaient en pente douce jusqu'à la rive, et le pao d’arco à fleurs jaunes étalait de se tous côtés sa riche parure. Une plante grimpante, semblable au convolvulus, couvrait de ses bras flexibles une foule d’arbrisseaux peu élevés; elle leur donnait mille formes régulières, et l’on eût dit à quelque distance qu’un génie se serait plu à élever sur les rives du Belmonte des jardins maonifiques, ou l’on apercevait de tous côtés comme

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des berceaux élégans , des siéges de gazon et des pyramides de verdure. Plusieurs canots qui venaient de Minas-Novas passaient en ce moment pour se rendre à Belmonte, et le bruit seul des pagayes rompait le silence de la solitude. Cependant, vers la fin de la journée, nous commençâmes à apercevoir des blocs de granit, suspendant leurs masses ‘énormes au-dessus des eaux ; quelques rochers bizarrement taillés s'élevaient au milieu du fleuve, et semblaient vouloir l’arréter dans son cours; mais les flots impétueux franchissaient en mugissant les obstacles que la nature leur opposait, et ils entrainaient avec rapidité les pirogues des habitans de Minas qui ne craignaient point de confier leurs frêles embarcations à l'adresse des Indiens; on les voyait au même instant frapper de leur aviron vingt roches différentes , et s’élancer comme un trait vers les plages fertiles que nous venions de quitter. Nous remontèmes péniblement quelques-unes de ces cascades, tantôt en poussant les canots, quelquefois en les tirant avec des cordages, et jarrivai enfin dans des lieux où les Machakalis devaient suivre une route différente, J’allais quitter Koumourahy pour ne plus le revoir : je sentais avec douleur combien son cœur était encore agité ,etJe fis de nouveaux efforts pour y ramener la résignation. Mais le lendemain à la pointe du

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que lui coûtait «cette séparation. Adieu, me ditil en me pressant la main, je vais rentrer dans nos déserts, et je n’y retrouveraipas um : ami; je serai

seul avec mes souvenirs; toutes mes douleurs se réveilleront, et personne ne saura combie suis malheureux. Mais toi, ne m oublie pas, du

moins, et quand, de retour dans ta patrie, ton âme se transportera dans nos climats lointains, vois-moi dans ma cabane isolée; nos pensées se rencontreront en franchissant les mers. Je lui

promis de ne jamais l'oublier; je Pembrassai et

nous nous quittâmes pour suivre de nouveaux rivages.

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