‹ Scènes de la nature sous les tropiquesChapitre 54 sur 99 · PP ON ER TER SE · texte numérisé non relu

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plus vaste que la Mediterrande .S il vient de quitter les campagnes cultivées , il ne trouve plus que l'image d’ une stérilité affreuse; si ‘ses regards cherchentase reposer, ils ne peuvent s'arrêter que sur une zône lumineuse qui confond la terre et les cieux. Les hommes ont dédaigné cette solitude , le soleil semble l'avoir choisie pour exercer ses fu- ‘reurs. En un mot, ce n’est qu'une mer de sable ; mais, comme Pa dit avec tant d’éloquence M. de Humboldt, « Paspect de la mer est embelli par le perpétuel roulement des vagues écumeuses, et semblable à la pierre nue enveloppe d'une planète désolée, le désert, dans sa vaste étendue, ne présente que le silence et la mort. »

S'il est vrai que le sublime soit un commencement de terreur, je le vois dans cette image; l'aspect du désert n'enfante que de fortes idées; son influence sur la poésie est plus grande qu'on ne le croit. Elle a fait naître une littérature entie-

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= 109 = rement à part dont les tableaux ne sont plus les

mêmes , et qui diffère méme. par la peinture des sentimens. -

Qui n’a point lu le poëme de Medjnoun et Leïla, que M. de Chezy a traduit avec tant de charme? qui n'a point reconnu dans cet ouvrage l'influence exercée par un climat brülant sur Vimagination ? Ce ne sont plus les passions de l’Europe que lon nous a dépeintes. Un feu plus ardent échauffe celles-ci, et le feu qui a passé tout entier dans l’âme du poète, reparait sous mille formes différentes; en entrainant néanmoins, il égare , le bon goût a trop souvent à se défier des émotions qu'il fait ressentir. Mais comment ne pas verser des larmes sur ce malheureux qui, perdant l'espoir d'obtenir un jour sa bien-aimée, s'enfuit au désert pour maudire la haine de deux tribus ennemies ; son délire s’accroit, sa tête s égare, l’affreuse solitude qu'il habite semble être le seul lieu qui convienne à de si douloureux souvenirs. Quand il est étendu sur un sable brülant, que le souffle embrasé du semoum vient dessécher ses yeux las de verser des larmes, on éprouve jusques à quel degré les Arabes peuvent ressentir les fureurs de l'amour ; on voit que cet amour est en harmonieavecun sombre paysage,on

: Ces deux amans sont aussi célèbres dans l'Orient qu Héloise et Abeilard.

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