‹ Scènes de la nature sous les tropiquesChapitre 78 sur 99 · HET · texte numérisé non relu

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me 356 «x deste et timide; plus que ses frères encore, elle paraissait affectueuse et sensible.« Ah! sans doute, Pheureux Néàs trouvait dans son âme de quoi apprécier les qualités de ceux qui l’entouraient, et ses regards l’apprenaient aux étrangers qui le félicitaient sur son bonheur; ses paroles l'exprimaient d’une manière bien noble et bien touchante, quand il leur disait : Hommes de France, vous êtes bons... Il adressait en effet ces simples paroles à un voyageur dont l’âme se peint dans tous ses ouvrages; mais combien les autres Européens étaient loin de lui ressembler! Les gouverneurs hollandais l'avaient dépouillé de ses possessions , et le bon vieillard se voyait souvent contraint d'aller chercher sur les bords de l'Océan sa nourriture et celle de sa famille. Sa vue remplissait toujours Peron de tristesse et de mélancolie; mais il finit par attacher si vivement à son vieil hôte, qu'il changea de nom avec lui: cet échange fut l’objet de la cérémonie la plus touchante. De tous les usages intéressans adoptés par les habitans de cette ile et des terres de la Polynésie, je n’en connais point de plus attendrissant que celui qui lie les hommes par un nœud sacré en leur imposant le nom de leur ami. Après un grand festin, la bouteille de rum est apportée; on présente une coupe de cette liqueur à l'étranger; et Pinsulaire, le nommant son ami, lui demande s'il ne

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veut pas s’appeler comme on le nomme lui-même; la cérémonie est alors cimentée par de nombreuses Jibations.

On retrouve encore dans ces iles l'influence poétique d’un climat délicieux sur les mœurs et

sur les usages. Il semble, en suivant Bellanger dans.

le voyage de Peron, qu'on assiste à une scène de féerie quand il décrit l’intérieur d’une maison de campagne. La maitresse de l'habitation s'attendait à recevoir des Européens ; elle s'était parée de ses plus riches atours, et les attendait debout dans une galerie élevée; trente jeunes filles élégamment vêtues étaient à sa gauche, plusieurs esclaves se trouvaient rangés du côté opposé dans la galerie inférieure. On remarquait d’autres hommes couverts de longues écharpes rouges. « Cet ordre, dit le voyageur, ces costumes uniformes et singuliers, ces jeunes filles parées avec soin, et qui, comme autant de nymphes, semblaient se grouper autour de leur déesse, le lieu de la scène, la fraicheur de la forêt voisine, le doux murmure du ruisseau, la vue de l'Océan sur le rivage duquel la vue était assise; cet ensemble. avait à la fois quelque chose de grand, de noble, de gracieux et de pittoresque qui nous enchanta tous ’. » Après avoir décrit la collation qu’on ne tarda pas

" Peron, Voyage aux Terres australes, 17º éd., t. 1, p. 152.

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