‹ Scènes de la nature sous les tropiquesChapitre 77 sur 99 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

anta veto, ARES

Te de Timor; le roi heure

Qu'on lise dans Peron la manière dont l’accucillit un roi détrôné de Coupang dans la vallée d'Oba. Il est difficile de peindre rien de plus gracieux; il est impossible d'employer des couleurs plus séduisantes. Ce souverain déchu reçut le voyageur dans une chaumière d’où l’on découvrait un paysage enchanteur. Ce n'était plus ce spectacle presque magique qu'il retrace quelques pages auparavant; c’est vraiment le tableau que présente la plus charmante des idylles.

Qu'on se figure, au milieu des arbres touffus , chargés de fleurs et de fruits, un vieillard assis près de sa cabane; sa main, conduite par le sentiment d’une harmonie qui se retrouve dans tout ce qui l’environne, fait retentir les airs des sons du sasounou ; son fils l'accompagne, et aux sons prolongés de la flûte de ces rivages se mélent les accens variés des oiseaux, le murmure d’une eau limpide. Sa famille, qui sait trouver labondance au milieu du travail, l’entoure en se livrant aux plus simples occupations : l’une

de ses filles sait tisser avec les fils du coton un vêtement dont la simplicité est noble et gracieuse; l'autre, pétrissant du riz, en forme des gâteaux qu'elle va vendre dans la ville, mais qu’elle s’estime heureuse d'offrir à l'étranger dès qu'il paraît dans la vallée. Quelles sont les premières paroles de cette famille, d’une simplicité si noble et si poétique? c’est une invitation touchante à des hommes qu'elle connait à peine, c'est le désir de faire partager son bonheur : « Asseyez-vous, bons hommes de France, disent-ils à la fois, goûtez le lait de nos troupeaux, rafraichissez-vous à l'ombre de nos arbres. » S'ils reçoivent quelques présens, ils ne les ont point désirés, et, si ces présens les comblent de joie, ils expriment avec la simplicité de l'innocence; tout se réunit enfin pour offrir dans cette famille une image des siècles de la poésie. Les noms aussi doux que le chant des oiseaux ne dépareraient point les vers de VItalie. Le vieillard sappelait Néàs, sa douce compagne Sorezana, sa jeune fille Elzerina , et le plus jeune de ses fils Cornélis. La peinture de leur caractère serait parfaitement en harmonie avec le tableau ; mais c'est Elzerina que la Providence avait pris plaisir à embellir de mille charmes. « Elle brillait, dit le voyageur, de tous les agrémens dont la nature se plut sur ces bords à parer la compagne de l’homme. Elevée sous les yeux de ses bons parens, elle était mo-

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