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sées que le printemps pare sans cesse de fleurs nouvelles. Deux amans heureux sans doute Pinventerent ; ils firent redire leurs discours à l'émail de la prairie, à la parure du bocage. Éloignés l’un de l’autre, on eût dit qu'ils se parlaient encore. Chaque fleur offrait un souvenir, le feuillage, l'écorce, le bois, rien ne resta muet, et depuis ce fut ainsi qu’ils s’entendirent. L'amour est compatissant , ils dévoilèrent cet heureux secret à des “infortunés que le sort devait long-temps séparer. Souvent un Selam a pénétré dans la redoutable demeure des despotes de VAsie, et quelques fleurs, trompant mille gardiens vigilans, sont venues consoler la beauté.
Combien j'aime cet usage touchant de quelques contrées orientales, où les poetes, vénérés aprés leur mort,reposentsousles bocages qu'ils ont célébrés ! les statues qui nous rappellent les nôtres ornent nos plus beaux édifices ; et il nous arrive souvent de placer sous des voûtes orgueilleuses ceux qui dédaignaient les pompes et les grandeurs.
Je voudrais que, comme Saadi ; Lafontaine, Fénélon, Bernardin de Saint-Pierre, Rousseau 2 tous ces chantres de la nature, reposassent dans les lieux qu’ils auraient préférés. En voyant leurs tombeaux, on croirait peut-être un instant les entendre; ces endroits deviendraient privilégiés,