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que sa voix s affaiblissait et qu'une paáleur plus
grande se répandait sur son visage, mon pere , le ciel est plus juste que les hommes; c’est à lui maintenant de vous récompenser. Oh! dit le poete, j'ai mis en lui mon espérance et il vous a ramené : je n'ai désiré qu’un bien, et il me le donne. Ne pleurez pas...., oubliez leur injustice....; comme votre ami ayez dela résignation ; et pourquoi la fermeté m'abandonnerait-elle, quand toutes les considérations humaines vont cesser pour moi....? pourquoi, en un mot, me plaindrais-je?.... « nous sommes tous égaux par notre nature... nous entrons ainsi dans la vie, c’est ainsi que nous en sortons…; animés tous d'un même principe, nous courons à une même fin... f nous suivons la même route....; pour nous la mort est sur la terre; et la vie... elle est dans les cieux...» On n'entendit alors que les sanglots de son ami: Camoens avait cessé de vivre.
José Indio resta long-temps près de lui, disant
a voix basse les prières des morts , et s'arrétant di pour le contempler. Hélas! s'écria- til, qui aurait pu dire, quand tu excitais Pad dans les champs de VInde, que tu mourrais ici; qu'un ami malheureux comme toi serait le seul qui te plaignit? O grand homme ! il ne reste à cet ami que des larmes... il ne peut pas même l'offrir une tombe.
= 494 + Le lendemain Francisco de Portugal envoya un linceul. Camoens fut inhumé dans Péglise de Sainte-Anne ; quelque temps après Gonzalo Coutinho lui consacra une pierre : le serviteur seul vint la visiter; José Indio avait péri dans un voyage aux îles du Cap-Verd.
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CAMOENS
Parmi tous les hommages poétiques qui ont été éd à à Camoens, je n’en connais point de plus digne de la mémoire de ce grand Pope, que la
belle ode composée par M. Raynouard. J'insère donc ici ce morceau
dont la lecture m’a toujours fa fire éprouver la plus v vive émotion. hs À E <: * 4 4 M »
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Hasrrans des rives du Tage, Dirigez mes pas incertains :
“Yapporte mon pieux hommage “Au chantre heureux des Lusitains; # Montrez-moi Pauguste retraite Où repose ce grand poète Comblé d’honneurs et de bienfaits.
Que vois-je? votre indifférence Dans le besoin, dans la souffrance Laisse l'Homère Portugais!
Barpares! Vaffreuse indigence , Les noirs chagrins et la douleur Auraient épuisé sa constance, Sil ne dominait le malheur.
Dans ce délaissement funeste, Un ami toutefois lui reste, Mais ce n’est pas un Lusitain; Chaque soir sa main charitable Quête le pain que sur leur table Ils partagent le lendemain.
Antonio! ton digne maître,
T'aurait célébré dans ses chants...
Les miens t'assureront péutétre |
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Des souvenirs non moins touchans. |
. do .
Apprends, serviteur magnanime,
D'áge en âge sera cité; * Oui, de mes chants écho fidèle x L'avenir dira que ton zèle Ennoblit la mendicité.
CereNDANT ce zèle pudique, Durant la nuit, à demi-voix, Demande à la pitié publique D'acquitter la dette des rois.
Pourquoi te cacher? Bélisaire, Étalant sa noble misère,
Ne croyait pas s’humilier, Lorsque ce casque où la victoire Ceignit les palmes de la gloire, Était réduit à mendier.
Osz te montrer dans Lisbonne, Mendie à la clarté du jour, Impose une pieuse aumône
Et sur le peuple et sur la cour; Qu'avec toi Pillustre poëme, Plus hardi que l’auteur lui-même, Implore ses concitoyens :
Et les cœurs les plus insensibles Frémiront à ces mots terribles :
« Faites "aumône à Camoens. »
Qu'un dévoúment aussi sublime, o
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ma
7 1092 Mais non; digne rival d'Homêre, De son indigence héritier, -
“sait souffrir, il sait se taire,
Il veut le malheur tout entier.
Leur pitié serait un Outrage. | Que la gloire le dédommage
Et de sa vie et de sa mort :
Fort de courage et d'espérance, H se résigne à la souffrance Sans orgueil comme sans éffort.
Écouroxs, il parle, il s’écrie :
« Lusitains ingrats ou jaloux !
.» Lorsque j'illustrais ma patrie,
» Je n'ai rien espéré de vous.
» Je souffre, mais j'ai l'assurance
» Qu'un jour de votre indifférence » Vos enfans sauront s'indigner.
» Je souffre, mais avec courage ;
» Ma gloire est de braver Poutrage, » Ma vertu de le pardonner.
» Er n'ai-je pas offert moi-même :
« Dans les succès de mes héros,
» Le consolant et digne emblème
» Du génie et de ses travaux?
» Pour conquérir aux eaux du Tage » Les tributs d’un lointain rivage,
» Suffisait-il de la valeur?
» Non, non, il leur fallait encore » Cette constance qui s’honore » De lutter contre le malheur.
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PR a > AGO ve E:
» Le géant du cap des tempêtes *
, Soudain se dresse devant eux,
» Déploie au-dessus de leurs têtes =
» Son corps immense, monstrueux.
» D'une main il touche aux nuages
» D'où la foudre et tous les orages ER
» Seront à Vinstant détachés ; :
» De l'autre il refoule les ondes,
» Ouvrant les cavités profondes
» Où les abimes sont cachés.
» Fuvez, leur dit-il avec rage,
» O téméraires étrangers!
» C’est moi qui fermai ce passage ;
» Ici j'amasse les dangers.
» Mais eux au haut du promontoire
» Ont bientôt reconnu la gloire
» Qui les promet à l’univers;
» Soudain ces guerriers magnanimes,
» Bravant la foudre et les abimes, 4
» Ravissent le sceptre des mers.
» Qui n'applaudit en cette image » L'homme dont Pintrépidité
» Force le pénible passage
» Qui mêne à la postérité?
» Si jusqu'aux palmes immortelles “+ » Il tente des routes nouvelles, RA » Son siècle voudra Ven punir; » Mais quand l'ignorance et l'envie \ » Persécutent sa noble vie, É
» Il se jette dans l'avenir. | br
>» 499 «ex » Er n'attendez pas qu'il se plaigne » Ni des hommes ni du destin ;
; L » Qu'on l’oublie ou qu'on le dédaigne,
> Son espoir n’est pas incertain. | » Souvent Venvie inexorable
» S'applaudit d’un excès coupable, » Elle croit l'avoir insulté E
» Et lui, sans regret ni murmure » Expiant la gloire future
» Rêve son immortalité.
» Er que nous font les vains hommages
» D'un peuple follement épris,
» Qui tour à tour à nos images
» Porte le culte ou le mépris!
» Écoutons l'instinct magnanime
» Qui nous prédit la longue estime » Des temps et des lieux ignorés; » Que le vulgaire nous condamne, » Autour de nous tout est profane,
» Nous n’en sommes que plus sacrés. »
IL a dit. Mon respect contemple Ce vainqueur de l’adversité
A l'univers donnant l'exemple
De souffrir avec dignité.
Imitez cet exemple auguste, Talens, qu'outrage un sort injuste, Ou l'ignorance des mortels ; Soutenez cette noble lutte :
Si, vivans, on vous persécute, Morts, on vous dresse des autels.
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% Plusieurs personnes connaissent la traduction qui a été faite de cette .
Ode par Francesco Manoel. J’offre aux amateurs de la littérature portugaise quelques strophes qu’un de mes amis m'a confiées, et dans lesquelles
on retrouvera souvent les expressions du grand Camoens.
To digno amo, Antonio, Nomear-te em seos versos
Nom poude : os meos te dam, talvez, a fama
De teo zelo sem-par bem merecida.
Sabe, 6 servo estremoso, - Que será tua virtude Ë De évo em évo lembrada :
Vindoura edade , de meos cantos éco,
A's seguintes dirá: De An tonto o zelo
A mendiguez nobrece.
Mas tam pudico zelo De noute, e em voz sumida, A” publica piedade, ancioso, implora Que a divida dos Reis, com pouco, pague.
António, nom te escondas :
De sua nobre miseria pn Ufano, Belisário, Sem pejo, ouve em seo elmo, que a victoria De gloriosas palmas circumdára,
Tinnir pedida esmola.
RR