‹ Scènes de la vie arabe (volume 3)Chapitre 11 sur 21 · DU 8&H · texte numérisé non relu

DU 8&H

— Àna maboul! ana maboul! (Je suis fou ! je suis fou !)

Mebrouk s'approcha du palauquin de Meryem.

Il Toulut parler, il ne le put pas...

Meryeûi voulut venir en aide à cette

émotion qui la charmait.

A son tour elle essaya de parler, mais son cœur ne le permit pas...

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Elle avança, horsdulpaîanquiD, une de ses mains charmantes.

Mebrouk porta cette main d*abord à son cœur, puis à son front, puis à ses Jèvres.

La nourrice Yaya rompit brusquement cette tendre scène, en fermant les rideaux du palanquin.

— Elle a raison ! s'écria Milond, Toilà

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des spahis, et nul que MoDseigneur ne doit voir Lella-Meryem.

En effet, les spahis, devancés par Messaouda, arrivaient à toute bride, s*apprêtant à fondre sur une proie qui, par droi^ de conquête, leur appartenait.

Mebrouk mit pied à terre, et àe tint à côté du palanquin.

— C'est ma fiancée, dit-il aux spabis, j'en jure par le péché de ma mère ! et, au

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nora de Thospitalité, je la recommande à Totre honneur.

Les spahis n'eurent rien à objecter.

tis savaient que Mebrouk jouissait de la faveur du maréchal, et il se seraient bien gardés de lui faire injure, malgré leur grand désir de butiner.

Ils questionnèrent Miloud, qui leur donna des renseignements complets sur

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la direction que les smalah avaient prises, et sur l'impossibilité où ils étaient de pouvoir les atteindre.

— Il est probable, leur dit Miloud, que bon nombre de cavaliers des goums auront rejoint les smalah ; il est même possible que, d'ici à Mascara, nous rencontrions des partis attardés dans la montagne et cheminant vers l'ouest.

11 serait donc prudent de regagner la ville sainte, pour ne pas nous exposer

à un combat inégal et surtout inopportun.

Cet avis fût goûté.

Le dromadaire de Meryem, à qui Miîoud avait, réellement, brisé une jambe, BC put pas se relever.

Les spahis tournèrent le dos à la fiancée de Mebrouk. qui s'enveloppa des pieds à la tête d'un épais haïck, abandonna son palanquin, s'appuya sur

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sur l'épaule du nègre Miloud, et monta légèrement sur Messaouda.

Un spahis pris la nourrice en croupe, et Mebrouk marcha, à pied, à droite de la Fille du vent qui avait à sa gauche, roulant sur ses jambes inégales mais rajeuni de vingt ans, le bon Miloud, plus triomphant, plus glorieux , à coup sûr, que le général en chef de l'armée française, tout vainqueur qu'il pouvait être.

Après avoir fait une centaine de pas ,

Mebroak, frappé d'une idée subite, se tourna vers J!^s spahis qui escortaient Meryem, et leur dit:

— 0 mes amis , qui de vous sait écrire?.. A celui-là je ferai don de deux douros, car il m'aura rendu un grand

service.

Un kouronglis se présenta et répondit:

— Je sais écrire, que veux- tu de moi?

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mes instruments sont dans la djebi-

rah (1).

Arrête-toi et mets pied à terre...

Marchez toujours, vous autres, nous vous rejoiiidrons.

Es-tu prêt à écrire ?

(1) Espèce de sabretache que les cavaliers portent en guerre comme en voyage, et dans laquelle

ils mettent leur arg«nt et leurs papiers.

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— Oui.

— Ecris donc

« Gloire à Dieu unique^.'

a Ce palanquin appartient à Khalaf- » ben-Chérif. Dieu le maudisse !

« Lella-Meryem , femme de Khalaf, » voyageait dans ce palanquin ; la honte » et la douleur d'appartenir à Thomme

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