‹ Scènes de la vie arabe (volume 3)Chapitre 21 sur 21 · CHAPITRE SEIZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIEME

Le Prix du Sang. {Suite.)

Nous avons vu, il y a peu de temps Dcore, à Tlenacen, un riche Arab» 'lu noble visage, ôgé de quarante ans à

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peine» et qui, cependant, port3, depuis près de quinze ans, la croix de la Légiond'Honneur sur son burnous noir on blanc, seion la saison.

Cet homme, remarqué de tous les voyageurs , ami de tous les officiers français, a vaillamment combattu dans nos rangs depuis l'expédition de Mascara en 1855, jusqu'à la reddition d'Abdel-Kaderen 18-47.

Mais, à dater de ce jour, il a déposé

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son fusil et ne s'est plus montré à la guerre.

Lorsque Témir Abd-el-Kader , acculé aux frontières du Maroc, où il n*osait plus rentrer (1), se rendit aux chasseurs et aux spahis qui lui avaient coupé toute retraite, il vit venir «i lui un cavalier qui lui dit :

(1) Lorsque l'émir fit sa soumission, il lui étai

encore possible de se jeter dans le Maroc; mais il

se savait suspect à l'empereur Abd-er-Haman, q<

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—Eh bien ! sultan. Dieu ne me venget-il pas aujourd'hui du jugement inique que tu portas contre moi en faveur des meurtriers de mon frère, Salem-ould- Kouïder?

L*émir regarda le cavalier fixement, et lui répondit sans colère :

— Tu as trahi le prophète qai te don-

n'eût pas manqué de lui faire couper la tête pour se débarrasser fl'un hôte dangereux pour sa propre souveraineté, ce fut donc par calcul qu'Abd-el-Ka-

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ne cette journée... Vaincu, désarmé, captif, mon sort est préférable au tien, car j'ai pour moi réternité.

C'est ce même cavalier, c'est Mebrouk que nous avons vu à TIemcen, où il traîne une vie oisive.

Son front est chargé d'une vague tris-

der, sûr de notre clémence, nous rendit les armes; il n'avait pas, certainement, d'autre parti à prendre.

tesse que la voix d'une femme chérie (belle encore, quoiqu'elle soit à peu près de l'âge de son mari) ne parvient pas à dissiper, pas plus que les caresses de deux enfants destinés, par leur fortune, leur élégance et leur jeune courage, à perpétuer la noblesse paternelle.

Mebrouk n'aime pas à être questionné sur ses aventures, sur les exploits le sa vie glorieuse .

Les derniers mots que lui a jetés, en

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passant, Abd-el-Kader, captif, troublent, encore aujourd'hui, la religion de sa conscience.

il nous est d*ane fidélité à toute épreuve.

Mais on triplerait les richesses que Lella-Meryem lui a portées en mariage et les dons qu'il lient de notre reconnaissance, qu'il refuserait de frapper encore une fois la poudre pour ou contre nous.

A toute question sur son repos prématuré, il répond avec douceur :

— J'ai vécu ! . . . fai trop longtemps cher' ché le bruit que je cherche à oublier !

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