CHAPITRE SIXIEME
Les Défis. fSuitêJ.
Aly,chef des palefreniers de Sidi- Khalaf , déployait un grand zèle dans ses fonctions ; et il était très-fier de pouvoir se dire que Témir Abd-el-Kader lui-
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môme ne saurait montrer à ses amis et à ses ennemis des chevaux dp pure race comme ceux dont il avait la surveillance et Tentretien.
Khalaf-ben-Chérif, homme de tête ardente et de cœur passionné, s'abandonnait surtout à trois penchans ainsi classés dans ses fougueux caprices :
L'ambition du commandement
L'amour du cheval
L'amour de la femme.
Ben-Ghérif aspirait à régner despotiquement sur tous les pays qu'Abd-el- Kader s'efforçait de conquérir à sa propre autorité.
Mais, pour réussir dans ses audacieux projets , il devait s'effacer au premier rang des partisans de l'émir , et [endormir, en quelque sorte, son ambition.
Incapable de ressentir les douces émotions d'un amour vrai, tendre, chaste
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et fidèlement dévoué ; sourd aux inspirations du sentiment né de Ta me et non de la fièvre des sens, il ne pouvait aimer qu'avec cette sorte de fureur commune à la bête sauvage et à Thomme dépravé.
Les femmes n'étaient, pour lui, qu'un objet de convoitise.
Lorsqu'il se prenait de passion pour l'une d'elles, il fallait qu'il en triomphât, sans scrupule pour les moyens qui devaient la lui livrer; et, le caprice assouvi , sa victime lui devenait indifférente ,
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lorsque, par privilège, elle ne lui était pas odieuse.
Quant aux chevaux, Sidi -Khalaf les aimait d'une adoration constante, inaltérable, ils faisaient sa gloire et son orgueil; il leur devait de nombreux succès à la guerre, à la chasse et dans ces fêtes bruyantes où la jeunesse arabe conquiert sa renommée.
Habile entre tous parmi ces brillans cavaliers du sud, qui n'ont pas de rivaux, il était, à bon droit, fier de sa ma-
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gnificence, lorsque, dressa sur ses étriers d'or, il éclipsait son entourage par son adresse, sa vigueur, son audace et la noblesse de sa monture.
Son esprit n'était en repos que quand il se savait eu possession du meilleur et du pludbeau cheval qui fôt au loin dans le pays, et s'il oàt sacrifié ces compagnons de sa vanité dé tous les instans à l'ambition de gouverner les hommes, certes il n'en mettait pas moinsjla jument Messaouda bien au-dessus de toutes les femmes qu'avaient jusqu'alors poursuivies ses ardeurs désordonnées.
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On peut, d'après cet exposé, se figurer l'épouvante du chef des palefreniers de Sidi-Khaiaf. lorsque s'éveillant de très grand matin, selon son habitude, pour donner un premier coup d'œil aux chevaux du maître, il vit que Messaouda n'était plus à la corde où il l'avait fuit entraver la veille au soir.
Le pauvre homme se crut d'abordfr appé de vertige, il se frotta violemment les yeux à poings fermés : puis, se précipitant vers la corde, il vit que les entraves avaient été tranchées avec un couteau.
Chitann et six autres chevaux hennirent à son approche, comme pour lui demandeF l'orge du matin.
Les deux sais préposés à la garde de récurie étaient étendus par terre, immobiles, roulés dans leurs kabans et paraissaient dormir d'un sommeil léthargique.
Âly poussa du pied ces deux hommes en les apostrophant avec violence; il parvint à les asseoir dos à dos; puis, les maintenant dans celte position» il leur