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bler vertement ei voulut tourner bride, mais trop tard; car des cavaliers envoyés en reconnaissance dans la plaine l'aperçurent et piquèrent droit à lui.
« La fuite me compromettrait, pensa judicieusement Miloud, qui se retrempait, comme les fortes natures, dans l'imminence du danger : — il faut suivre sa destinée l . .. Allons aux chrétiens ! »
Lorsqu'il se vit à petite portée des cavaliers, le messager de l'émir se dressa sur ses étriers et agita au-dessus de sa tête la lettre qui devrait le protéger.
— Cartal cartal cria-t-il à pleins poumons (1).
Le chef de la patrouille était a» sousofficier de chasseur d'Afrique qui savait un peu d'arabe.
— Quelle est cette lettre? demanda-til à Miloud en le couvrant d'un regard soupçonneux.
(1) Carta, par ce mot du patois moresque, tous les courriers arabes désignent les dépêches dont ils sont chargés par ou pour les chrétiens.
— C'est un message du seigneur Abdel-Kader, répondit notre boiteux, tout ébloui d'entendre des mots arabes sortir d'une bouche chrétienne.
— Et c'est toi que l'émir a choisi pour messager, reprit le sous-officier en riant, toi, couvert de guenilles?
<- Ne vois-tu pas le cachet de Sidi- Abd-e)-Kader, répondit Milouà, blessé dars sa vanité, lui qui se croyait magnifique sous son kaban neuf.
— Enfin, tu t'expliqueras devant le colonel. Marche devant nous.
Sur Tordre de leur chef, deux cavaliers se placèrent à la droite et à la gauche du pauvre nègre qui, regardant alternativement les visages basanés et peu gracieux de ces hommes armés d'un grand sabre, d'un fusil et d'un pistolet à crosse luisante, eut grande envie de se repentir d'avoir accepté l'honneur d'une mission devenue plus que difficile.
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