MÉPHISTOPHÉLÈS, FAUST
MÉPHiSTOPHÉLÈS. — Holà î deboiit 1
FAUST. — Tu m'embêtes.
MÉPHISTOPHÉLÈS. — Debout!.... Klingl klangl houschi dling! dling I hoplhopl trap I
FAUST. — Ça va finir? — Je les connais tes onomatopées romantiques.
MÉPHISTOPHÉLÈS. — Lcs clievaux hennissent et frappent du pied le sol... En route! Faust, en route 1
FAUST. — ■ J'en ai assez, te ilis-je.
MÉPHISTOPHÉLÈS. — Elî quoi ! tu ne veux plus savoir? (FreJonnimt.) Vie cnwite... est chose cuivrante!
FAUST. — Je suis las, . Quand on a fait, comme moi, partie de la landwlier, on ne demande qu'à se reposer. Six mois de campagne 1 Merci I
MÉPHisTOPHÉLÈs. — Étdit-ce de ma faute?
FAUST. — Eh ! tarteifle ! j'avais passé l'âge. . . Ce sont tes rajeunissements qui m'ont fait pincer.
MÉPHISTOPHÉLÈS. — Dans tous les cas, tu n'as pas à te plaindre. . . tu as vu la France. . .
FAUST. — Et pris Paris aussi, n'est-ce pas?
MÉPHISTOPHÉLÈS. — D'une manière oui.
FAUST. — Mais de l'autre... non. Et pourtant Dieu sait (Grimace do Jléphistopliélès.) si j'aSpi-
rais après Paris... Paris oi^i je n'ai pas remis les pieds depuis le jour oià j'y portai ma première bible à Louis XI.
MÉPHISTOPHÉLÈS. — ^Comment! pas remis
les pieds I... Tu oublies que tu es entré en vainqueur dans... les Champs-Elysées.
FAUST. — Et qu'en vainqueur aussi j'ai pu coller mon nez aux grilles du jardin des Tuileries. Le 1 eau triomphe! Après un hiver passé dans la neige et dans la ]»oue.,. Rêver de plaisirs baLyloniens pour se réchauffer, et, quand Babylone est prise, se contenter d'y boire un bock dans un coin des Champs Elyséesl Être obligé de se rabattre sur les pendules de la banlieue et les coucous des souspréfectures !... Tout cela m'écœure quand j'y pense.
MiiPHisTOPHÉi.KS. — Cette fois ci, Faust, tu pourras réaliser tes rêves les plus effrénés : c'est à Paris que je t'emmène, non plus dans un quartier seulement, mais dans tous les quartiers, « au sein de la capitale, » comme on dit en style académique. Ta fantaisie
pourra s'en donnera cœur joie... Et moi aussi je serai content de me retremper dans la grande fournaise!
FAUST. — Cesse de me tenter, serpent!
MÉPHisTOPHÉLÈs . — A Paris, Faust, à Paris !
FAUST, ébraolé. Tout de boU?
MÉPHisTOPHÉLÈs. — Quaud je te le dis!
FAUST. Eh bienl ;^I1 cogne sur la table pour vidtr
le fourneau de sa pipe.i AlIoUS-y !
MÉPHISTOPHÉLÈS. — A la bonue heure! — En route !
FAUST. — Laisse-moi eml'rassor Gothe.
MÉPHISTOPHÉLÈS. — Qu'est-ce que c'est que Gothe?
FAUST. — Ma nouvelle femme de chambre.
MÉPHISTOPHÉLÈS. — A quoi bou ?
FAUST. — Au fait, ça n'en tlnirait pas.
MÉPHiSTOPHÉLKs. — Et puis, tu eneiTibrasseras bien d'autres à Paris !
FAUST. — Ta parole?
MÉPHiSTOPHÉLÈs. — Je tc le promets.
FAUST. — Yieux drôle!