UN GALA AUX FOLIES-PLASTIQUES
— Il est arrivé ?
— Oui, monsieur...
— Qu'est-ce qu'il a dit?
— Rien... Il a montré son billet.
— La suite est nombreuse ?
— Us sont cinq. Trois messieurs et deux dames...
— Tiens! c'est curieux... je croyais que leurs femmes restaient dans les harems...
Enfin, ça ne fait rien... Commençons !
On frappe les trois coups. Les musiciens jouent une ouverture au milieu de laquelle le chef d'orchestre a ingénieusement intercalé l'hymne persan, et la toile se lève sur le premier tableau des Dames de Mabille.
Ce premier tableau est assez bien accueilli.
Toutes les scènes portent, sauf celle de l'Exposition, sur laquelle Montléry avait tant compté. Au mot d'Evelina : * Je m'en bats l'œil, de ton industrie », Rodolphe réplique : « Oui, mais tu oublies l'industrie persane !» et il chante ;
De la Perse»
Le commerce Est toujours très florissant
Effet nul. Le public ne bronche pas et l'acte finit froidjement.
Mais les scènes suivantes sont plus goûtées
et après le second acte Fortunatus vient dire à son directeur qu'il a vu le schah de Perse applaudir frénétiquement le quadrille des dames de Mabille.
Montléry juge alors que le moment ect venu d'aller présenter ses hommages à Sa Majesté.
Il passe un habit, il se rend à la « loge impériale », il frappe discrètement; il entre...
O surprise !
Le maître de la loge, celui que tout le monde prend pour le schah de Perse, n'est autre que l'individu qu'il a aperçu dans le salon du premier ministre, l'homme aux bottes et à la facture...
Montléry se trouble, mais très poliment, pour ne pas froisser les hôtes de Sa Majesté :
— Pardon, monsieur! comment se fait-il...
Vous êtes donc autorisé à occuper la loge?
— Cette loge-là ? répond l'homme aux hottes. C'est le domestique qui nous Ta donnée.
— Quel domestique î
— Vous savez bien ? celui à qui vous avez parlé...
— Son Excellence ?
— Ah ! oui, vous avez cru ?... Moi aussi... Il vait fait tant d'embarras en entrant dans mon