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LA REPRISE DES FORÇATS DE LHOWEUR

au moins!... Maintenant,c'est si mal joué ! Que voulez- vous? ces jeunes gens n'ont plus la tradition du drame... Ah ! si l'on se remettait à jouer des drames !

Les farceurs faisaient des mots.

Comme on demandait au critique s'il comptait rester jusqu'à la fin de la pièce :

— Parbleu! fit quelqu'un... Vous savez bien qu'il est le forçat de l'honneur !

On sonna pour le quatrième acte.

Destourville regagna sa place en essayant, de maîtriser l'inquiétude qui le gagnait.

— Après tout, pensait-il, il n'y a que le troisième acte qui ait mal marché... le quatrième tableau peut tout remettre sur pied... puisque c'est là qu'ils ont placé leur fameux clou.

La toile se releva... Mais, aux premiers mots dits par Stéphane d'un air rechigné, on vit bien que le public n'était plus avec lui. Le murmure des conversations devenait de plus en plus bruyant; les spectateurs se retournaient pour causer avec leurs voisins; on se mouchait, on toussait... il était clair que la soirée allait mal finir.

Mais, comme disait Destourville, le clou pouvait tout raccrocher.

Hélas ! c'était un triste clou ! Il consistait

lOO SCENES DE LA VIE DE THEATRE.

dans la substitution d'une vraie locomotive, avec de vrais rails et de la vraie vapeur, à la diligence traditionnelle que des malfaiteurs, conduits par le banquier, devaient attaquer sur une grande route. On n'attaquait plus la diligence, on faisait dérailler la locomotive.

Saint-Phar n'avait trouvé rien de mieux pour rajeunir le drame de Palagniez et Destourville. C'était ce qu'il appelait a donner la note moderne ». Et pour accentuer cette note moderne, il avait modifié le dialogue. Au lieu de : a Jetez- vous à la tête des chevaux ! » le banquier devait dire à ses complices : œ Jetezvous à la tête du chauffeur ! » Mais, dans le feu de la bataille, l'acteur perdit la mémoire et s'écria : « Jetez-vous à la tête de la locomotive!»

Ce fut le signal de la débâcle. On se mit à imiter le sifflet de la locomotive ; un titi cria : Lâchez la vapeur! La claque eut la bêtise d'applaudir à tout rompre, le public se joignit à elle, ce fut une joie folle dans toute la salle, et le pauvre Destourville, pâle, hébété, trempé de sueur, n'entendit que ces mots, sortis de la baignoire :

— Non ! Henri... tais-toi !... je ris trop... je t'en prie... tais-toi!...

L'auteur des Forçats de l'Honneur s'échappa comme un fou.

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Le surlendemain, le Courrier des Spectacles annonça que les répétitions de la Ceinture de fer, momentanément suspendues pour cause d'indisposition, allaient être reprises au Théâtre-Populaire avec la plus grande activité.

Et quinze jours après, Destourville avait repris sa place accoutumée au square des Batignolles. Il s'amusait, comme d'habitude, à tracer des cercles sur le sable, et saluait toujours d'un air gracieux les personnes qui passaient près de lui; mais on remarqua que sa figure souriante s'assombrissait de temps en temps ; il lui arrivait de brandir sa canne comme pour menacer un ennemi invisible, et quelc[u'un l'entendit s'écrier un jour avec colère : S'ils avaient dit la phrase, encore! S'ils avaient dit la phrase!

COMMENT ON COLLABORE

Chez Évariste. — Une table, un canapé, deux fauteuils et des cigarettes.

VALFLEURY, entrant. — BonjouF, seigneur! ÉVARISTE. — Bonjour.

VALFLEURY. — Tu travailles?... c'est bien, cela !

Chantant.

Travaillons, prenons de la peine, C'est le fonds qui manque le moins...

Tiens ! voilà deux vers tout faits pour notre chœurdes moissonneuses. (Il prend une cigarette et s'étend sur le canapé.) Qu'est-ce que tu en penses?... (Évariste ne répond pas.) Hein?... Les

mettons-nous?

lo4 SCENES DE LA VIE DE THEATRE. ÉVARISTE, avec humeur. — Oh! VOyons!...

mon petit!

VALFLEURY. — Ça ne va donc pas?

ÉVARISTE. — Si! mais j'en suis toujours à la grande scène du deuxième acte.

VALFLEURY. — Je te l'ai bien dit : tu n'en sortiras pas.

ÉVARISTE. — Allons donc !

VALFLEURY. — Je te défie d'en sortir. C'est une scène très dure... Cette femme qui vient réclamer son amant à la jeune fille qu'il vient d'épouser...

ÉVARISTE. — C'est en situation. Écoute : (Lisant.) « Vous dites que vous l'aimez, qu'il vous aime!... Enfant! savez-vous ce que c'est que l'amour? Connaissez- vous ce sentitiment divin... »

VALFLEURY. — Je n'aime pas beaucoup K divin ».

ÉVARISTE. - - Veux-tu « ardent » ?

VALFLEURY. — Si tu n'as rien de mieux...

ÉVARISTE. — Rien de mieux... rien de mieux... Trouve autre chose, alors!

VALFLEURY. — Je n'ai pas à trouver, moi ! Ce n'ai pas moi qui' ai fait la phrase.

ÉVARISTE. — iEn attendant, si tu me laissais lire?...

VALFLEURY. — VaS-j!

COMMENT ON COLLABORE. lo5

ÉvARiSTE, Tepreeant. — a Connaissez- VOUS ce sentiment ardent qui élève nos âmes jusqu'au ciel... » (S'arrètant.) Voilà pourquoi j'avais mis œ divin y>.

VALFLEURY. — Oui... oui... coutinue.

ÉVARISTE. — a Et qui nous fait goûter les joies réservées à ses élus... »

VALFLEURY. — Aux élus de qui?

ÉVARISTE. — Aux élus du ciel, parbleu! Il me semble qu'on ne peut pas s'y tromper !

VALFLEURY. — Oh ! je veux bien, moi !

ÉVARISTE. — a Avez-vous jamais tressailli sous les baisers ardents... » Non! « ardents ^ ne va plus... Voilà ce que c'est! Tu m'as fait changer...

VALFLEURY. — Eh bien, mets «■ brûlants » !

ÉVARISTE. — Brûlants... ardents... c'est la même chose.

VALFLEURY. — Alors, mets a glacés » ! Des baisers glacés... C'est bon, ça !

ÉVARISTE. — Oui... au kirsch.

VALFLEURY. — Enfin...

ÉVARISTE. — Enfin, si tu m'interromps à chaque mot, nous n'arriverons jamais au bout de la scène... Nous ne nous occupons pas du style, nous cherchons le mouvement.

VALFLEURY. — Je ne dis plus rien.

ÉVARISTE. — ce Avez-vous jamais tressailli

Io6 SCÈNES DE LA VIE DE THEATRE,

SOUS les baisers de l'homme qui vous tenait enlacée? avez-vous frissonné au contact de cette main qui pressait la vôtre ? avez-vous senti cette haleine brûlante... » Tu vois bien! ce cette haleine brûlante qui vous enveloppait Comme un voile et vous illuminait comme un rayon... »

VALFLEURY. — Hum !

ÉvABisTE. — Qu'est-ce que tu dis?

VALFLEURY. — Va toujours.

ÉvARisTE. — K ... comme un rayon?... Vous vous taisez?... Ah! vous avez compris! Entre la maîtresse et l'épouse il n'y a de place que pour un seul sentiment, et c'est vous qui me faites pitié ! y>

VALFLEURY. — C'est la scène de Paul Forestier entre Léa et Camille;...

ÉVARISTE. — Oui, mais plus forte... Augier a esquivé la situation.

VALFLEURY. — Comment?

EVARISTE. — La scène n'aboutit pas. Léa exhale sa colère inutilement; quand elle atout dit, elle s'arrête.

VALFLEURY. — Eh bien?

ÉVARISTE.— Eh bien, je vais plus loin, moi ! Ma maîtresse dit à la femme mariée : « Vous n'avez pas le droit de garder mon amant, je le reprends et je l'emporte ! »

COMMENT ON COLLABORE. 107

VALFLEURY. — Tu ticns à cela ?

ÉvARisTE. — Absolument. Et je finis par un mot superbe : a Adieu, mademoiselle! »

VALFLEURY. — C'est le mot de M. de Ryons dans VAmi des femmes.

ÉVARISTE. — Oui , mais dans VAm,i des femmes il vient mal. Madame de Simerose est en effet une demoiselle, tandis que ma femme, à moi, est réellement mariée.

VALFLEURY. — Eh bien?

ÉVARISTE, s'animant, — Eh bien, tu ne comprends pas que dans ces conditions-là le mot est beaucoup plus fort?

VALFLEURY. — Trop fort.

ÉVARISTE. — C'est un mot sanglant : oc Adieu, mademoiselle! » c'est-à-dire : « Vous avez beau vous appeler madame de Valbreuse, vous n'êtes pas la vraie femme de Raymond... Il n'y en a qu'une, et c'est moi. Vous n'êtes mariée qu'à la surface... cane compte pas, etc. » Je n'ai pas besoin de t'expliquer ça, que diable ! Si tu ne comprends pas.. .

VALFLEURY. — Je compreuds que nous nous ferions empoigner.

ÉVARISTE. — Jamais de la vie!

VALFLEURY. — Avcc ça quc Ic public est bien disposé en ce moment. Demande à Robinet comment sa pièce a été reçue hier au soir I...

Io8 SCÈNES DE LA VIE DE THEATRE.

ÉvARiSTE. — C'est vrai, au fait... tu y étais. Un joli four, hein?

VALFLEURY. — Pire que le dernier. J'ai vu le moment où l'on allait baisser le rideau.

ÉVARISTE, riant. — Pas possible!

VALFLEURY. — Ma parole ! Boulingrin faisait une tête!...

ÉVARISTE. — Tu l'as vu?

VALFLEURY. — Oui... Je suis allé sur le théâtre après le troisième acte... Il était là avec son régisseur, le gros Rudolsheim, et Cerneuil. Robinet avait déjà filé.

ÉVARISTE. — Naturellement. C'est lui qui a fait la pièce.

VALFLEURY. — Eu attendant, je ne sais pas ce qu'ils vont jouer.

ÉVARISTE. — Ils vont sans doute reprendre les Hommes du jour.

VALFLEURY. — C'est bien vieux, les Hommes du jour.

ÉVARISTE. — Ils n'ont pas autre chose.

VALFLEURY. — On parle d'une pièce de Morsalin.

ÉVARISTE. — Le petit Morsalin, du Parisen-Vair? Je lis ses chroniques... C'est d'un toc!... Il n'a rien dans le ventre, ce garçon-là.

VALFLEURY. — 11 esttoujours aussi fort que Robinet.

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ÉvARiSTE. — Je crois bien ! Robinet est vidé.

valflÉury. — Je ne serais pas étonné que

Morsalin réussît. On peut n'avoir jamais fait

de théâtre et tomber sur un succès. Vois donc

Latorille avec ses Pommes tapées.

ÉVARISTE. -- Ça ne prouve rien... Les Pomm.es tapées ont eu un feuccès de hasard.

VALFLEURY. — Quatre cent cinquante représentations!... tu appelles ça du hasard?... Merci! un fameux hasard!

ÉVARISTE, agacé. — Et puis, après? Pouvons-nous les refaire, les Pomm,es tapées? VALFLEURY. — Peut-être !

ÉVARISTE. — Comment l'entends-tu?

VALFLEURY. — J'enteuds que Boulingrin a assez du drame, et qu'il serait tout disposé à monter une opérette.

ÉVARISTE. ■ — Il faudrait de l'argent pour cela !

VALFLEURY. — Tl en trouvera. Rudolsheim le lui disait encore hier soir : oc Qu'est-ce que fus nus empétez, avec vos pièces tramatiques?. .. C'est tes pêtises!... »

ÉVARISTE. — Ça ne veut pas dire que Rudolsheim le commanditera.

VALFLEURY. — Enfin, Boulingrin m'a demandé une opérette, voilà ce qu'il y a de sûr; et je lui ai dit que nous la lui ferions.

I lO SCENES DE LA VIE DE THEATRE.

ÉvARisTE. — Il faudrait d'abord terminer les Amours trahis.

VALFLEURY. — Laisse-moi donc tranquille, avec tes A^nours trahis ! Je te dis que tu n'en sortiras pas. La pièce est mal venue... Il n'y a qu'à la laisser dormir.

ÉVARISTE, avec aigi^ur. — Ça t'est facile à dire. Tu n'y a pas travaillé.

VALFLEURY. — Certainement non! J'ai bien vu tout de suite où nous allions. Tu as voulu te lancer quand même... Je n'avais pas à t'en empêcher, mais il était clair pour moi que nous ne ferions jamais rien de cette pièce-là : c'est du poncif.

ÉVARISTE , vivement. — Du poncif ! La scène entre Olympia et madame de Valbreuse... VALFLEURY. — Oh ! je ne te parle pas de ta scène... C'est différent. Elle est trop raide.

ÉVARISTE, gravement. — Il n'y a rien de trop raide au théâtre ; tout dépend de la façon dont les choses sont présentées. Quand on les présente bien...

VALFLEURY. — C'est convenu. Tu les présentes très bien. Ta scène est un chef-d'œuvre... ÉVARISTE, pincé. — Je ne dis pas cela... VALFLEURY. — Jc Ic dis, moi. Là!... es-tu content?... Reste à savoir si le public aime les

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pièces qui ne sont ni chair ni poisson. C'est le cas de l'a tienne. On ne sait pas ce qu'elle veut prouver. Est-elle morale, ou ne l'est-elle pas?

ÉvARisTE. — Elle est morale... quant au fond. Je soutiens une thèse.

VALFLEURY. — Oui... Eh bien! il n'en faut plus, de thèses. Si tu veux faire une pièce tout à fait morale, une pièce pour les familles, j'en suis... Nous donnerons cela à Trubert. C'est un malin. Il pourra en tirer de l'argent.

ÉVARISTE. — Ça dépend. 11 s'est coulé avec le Vieux Domestique.

VALFLEURY. — AloTs, làchons la pièce morale et faisons une opérette pour Boulingrin... Pas un opéra-comique! Une vraie opérette comme autrefois.

ÉVARISTE. — : As-tu une idée?

VALFLEURY. — J'en ai trente. Qu'est-ce que tu dirais d'une Lucrèce?

ÉVARISTE. — Comme celle de Ponsard?

VALFLEURY, riant. — Mais non! La Petite Lucrèce, une Lucrèce gaie, bien entendu. Elle tromperait son mari avec Brutus...

ÉVARISTE. — Avec Sextus, veux-tu dire?

VALFLEURY. — Du tout! je dis bien : avec Brutus. C'est celui-ci qui imaginerait la légende de l'outrage pour se venger de Sextus

Tarquin ; Lucrèce ferait semblant de se donner la mort, à la fin du deuxième acte; et on la retrouverait, au troisième, dans les jardins de Babylone.

ÉVARisTE. — Pourquoi Babylone^

VALFLEURY. — Pour avoir un joli décor et de nouveaux costumes. Tu aimes mieux rester à Rome ?

ÉVARISTE. — Ça m'est égal.

. VALFLEURY. — Elle rencontrerait Collatin, qui se serait établi marchand de coco... (Riant.) Hein?... Ce serait drôle, ça!... Collatin, marchand de coco...

ÉVARISTE, impassible. -^ C'est drôle... si l'on veut.

VALFLEURY, déconcerté. — Je ne dis pas qu'on se tordra; mais enfin... enfin, c'est drôle!

ÉVARISTE, froidement. — Soit. C'est excessivement drôle. Et puis après?

VALFLEURY. — Après , après... Je ne sais plus, moi. On trouvera. Je n'ai pas la prétention de faire une pièce en cinq minutes; je t'indique l'idée, voilà tout.

ÉVARISTE. — Oui. Eh bien ! idée pour idée , j'aime autant la première.

VALFLEURY, railleur. — Ah! Les Amours trahis... Nous y revenons?

ÉVARISTE. — Pas le moins du monde !

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Je ne te force pas à faire la pièce, moi... Je la ferai avec un autre... Ou tout seul, ce qui vaudra encore mieux.

VALFLELRY. — Si tu veux dire par là que ma collaboration te pèse?...

ÉvARisTE. — Oh! non. Elle est bien trop légère !

VALFLEURY. — Ah! ah! c'est un mot... Il estjoli.

ÉVARISTE, souriant. — Tu troUVes?

VALFLEURY. — Ne le perds pas, surtout!

ÉVARISTE. - Il n'y a pas de danger. Je le mettrai avec les tiens... on l'apercevra tout de suite.

VALFLEURY. — Oh ! mais tu deviens excessivement spirituel... Ça va me gagner. Il faut que je m'en aille.

ÉVARISTE. — A ton aise.

VALFi.EURY. — Seulement, je" te préviens que tu ne seras pas de la Petite Lucrèce.

ÉVARISTE. — Je ne tiens pas à en être.

VALFLEURY. — Je te dis cela pour que tu ne réclames pas ta part de collaboration, comme dans les Plomhs de Venise.

ÉVARISTE, vivement. — Les Pîombs de Venise m'appartiennent. C'est moi qui te les ai donnés...

VALFLEURY. — Pardon ! La pièce avait été

Il4 SCENES DE LA VIE DE THEATRE.

déjà faite par Chaudfroid; elle n'était pas intitulée les Plombs de Venise...

ÉVARISTE. — Ah !

VALFLEURY. — Mais les plombs y étaient tout de même; et la preuve, c'est que nous les avons supprimés.

ÉVARISTE. — Pour prendre mon prologue ; nous sommes d'accord.

VALFLEURY. — Enfin, il ne s'agit pas de cela. Nous ne devons plus travailler ensemble?... Eh bien! ne travaillons plus. C'est simple.

ÉVARISTE. — Très simple.

On frappe à la porte.

UNE VOIX AU DEHORS. — On peut entrer ?

ÉVARISTE. — Oui... Tiens, c'est Trézard!... Qu'est-ce qui t'amène ?

TRÉZARD. — Mes enfants, je vous apporte une affaire magnifique. Trubert s'est associé avec des capitalistes américains pour ouvrir une nouvelle salle qui s'appellera l'Alhambra national. Ce île sera ni un théâtre, ni un caféconcert, ni un cirque ; ce sera tout cela à la fois, c'est-à-dire que ça tiendra le milieu entre les Bouffes, le Gymnase, l'Ambigu et les Folies-Bergères. Vous voyez la chose?

VALFLEURY. — Parfaïteinent.

TRÉZARD. — Il a besoin d'une pièce d'ouver-

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ture, et naturellement il a pensé à vous... c'est-à-dire à nous. Ça va-t-il?...

ÉvARisTE, hésitant. — Dame !

TRÉZARD. — Vous vojcz ce qu'il lui faut : une pièce où il y ait de tout...

ÉVARISTE. — Où il y ait de tout?... (A Valfleury.) Peut-être qu'en arrangeant la Petite Lucrèce...

VALFLEURY, à Évariste. — En refaisant les Amours trahis...

ÉVARISTE et VALFLEURY, ensemble. — Ça Va.

TRÉZARD. — Vous acceptez? Je vais le dire à Trubert. Au revoir !

Il sort.

ÉVARISTE. — Ce Trézard!... quel intrigant! (Avec indignation.) Et nous le traiterons en collaborateur?

VALFLEURY, soupirant. — Que veux-tu?... il en faut comme ça !

Extrait de la. Mouche théâtral6^U7.'i mars 1878 :

« Le théâtre des Fantaisies-Comiques donnera prochainement une représentation extraordinaire au bénéfice de Fontenoy.

» On sait qu'après une longue et glorieuse carrière, l'illustre et sympathique comédien se trouve aujourd'hui dans un état voisin de la détresse.

» Les principaux artistes des théâtres de Paris ont eu à cœur de venir en aide à leur vieux camarade, et ils se sont .entendus pour organiser une représentation qui promet d'être splendide.

y> Nous publierons le programme complet aussitôt qu'il aura été arrêté. Mais dès à présent nous pouvons annoncer que l'affiche por-

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tera, entre autres noms, ceux de Faure, de Capoul et de madame Carvalho. :»

Extrait du Courrier des spectacles du 24 mars :

ce La Mouche théâtrale enregistre avec fracas la nouvelle d'une représentation au bénéfice de Fontenoy.

y> Cette fameuse nouvelle était connue depuis longtemps, et c'est par un sentiment de réserve facile à comprendre que nous n'en avions pas encore parlé.

5> Mais puisque notre confrère n'a pas cru devoir attendre qu'elle fût officielle pour la publier, nous n'avons aucune raison de nous montrer plus discret que lui. Disons donc que la représentation aura lieu le li avril prochain, et rectifions les renseignements de la Mouche théâtrale, au sujet des artistes qui prendront part à cette solennité.

» Capoul, venant de signer un engagement qui l'appelle immédiatement en Amérique, ne sera plus à Paris dans quinze jours. Quant à Faure et à madame Carvalho, si leur concours

est acquis en principe, nous cro3"ons qu'en fait rien n'est encore décidé.

» En revanche, notre confrère n'a pas prononcé le nom de madame Judic, et nous savons de source certaine que la diva doit dire deux de ses plus jolies chansonnettes.

» Il est question aussi d'une pièce inédite, écrite spécialement pour la circonstance par un auteur célèbre qui n'a jamais rien donné aux Fantaisies... Mais ceci est encore un mystère, et nous ne sommes pas autorisés à en dire davantage. »

Extrait de la Lorgnette du aS mars :

(( Soyons les premiers à annoncer qu'une représentation extraordinaire au bénéfice de Fontenoy sera donnée le 12 avril prochain au théâtre des Fantaisies-Comiques.

» Nous ne connaissons pas encore dans tous ses détails le programme de cette représentation, mais nous pouvons affirmer d'avance qu'elle sera des plus fructueuses et qu'elle réunira tous les noms aimés du public. On parle de Faure, de Capoul, de madame Carvalho, de madame Judic. Mais ne déflorons pas les sur-

prises de l'affiche. On verra bientôt que rien n'a été négligé pour donner à la soirée en question l'éclat d'une véritable solennité. »

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