‹ Scènes de la vie mexicaineChapitre 23 sur 27 · On appelle rette danse bamba · texte numérisé non relu

On appelle rette danse bamba

a. Terme local qui s’applique à toute espèce d’air de danse.

LES JAROCHOS.

âyi

les femmes qui s’avançaient, je reconnus, à sa gracieust* tournure , à sa provoquante beauté , dona Sacraraenta , celle que mon hôte appelait , dans son langage fleuri , son ange humain bien-aimé'. Un jupon de mousseline transparente ceignait ses hanches. Ses bras arrondis et dorés plutôt que bâlés par le soleil sortaient des broderies et des dentelles de sa chemise do batiste. Une gorgerelte semblable à celle des Arlésiennes cou\Tait , sans presque les cacher, les contours de ses épaules; ses pieds étaient chaussés de bas de soie à jour et de souliers de satin ; une' tresse de ses cheveux entourait dans de noirs replis un peigne d’écaillc rehaussé d’or massif. Ses paupières , baissées sous les regards de feu qui de toutes parts se dirigeaient sur elle, laissaient voir les longs cils dont elles étaient ornées. Ce n’était plus cette calme beauté que j’avais admirée la veille aux rayons de la lune; c’était, aux feux du soleil, la beauté ardente de la fille des tropiques dans son plus brillant éclat.

Dès ce moment , à l’excitation produite par des libations multipliées, et qui grandissait à chaque moment sous l’ardeur dévorante du ciel, vint se joindre parmi les spectateurs une excitation d’une nature toute différente , et plus terrible encore.

a Ah ! disait à côté de moi un Jarocho dont les cheveux commençaient à grisonner, au dernier fandango de Malibran Quilimaco a perdu une de ses oreilles , et Juan de Dios le bout du nez, pour une belle qui ne valait pas une seule boucle des cheveux de- celle-ci.

— Patience, tio *, répondit un autre ; la belle Sacramenla doit avoir plus d’un prétendant dans ce village , et je vous

• . Querido angel humanal , expression consacrée et familière parmi les Jarochos.

Page 1