‹ Scènes de la vie militaireChapitre 34 sur 45 · ALAIN · texte numérisé non relu

ALAIN

» Après être resté quinze jours sans recevoir de réponse, je vais rue des Moineaux. L'hôtesse m'apprend que la petite femme est effectivement partie avec son père à l'époque où Mongenod avait

annoncé ce départ à Bordin. Mongenod quittait son galetas de grand matin et n'y revenait que tard dans la nuit. Quinze autres jours se passent, nouvelle lettre ainsi conçue :

« Mon cher Mongenod, je ne vous vois point, vous ne répondez « point à mes lettres : je ne conçois rien à votre conduite, et, si je m me comportais ainsi envers vous, que penseriez-vous de moi? »

» Je ne signe plus Votre ami; je mets Mille amitiés. Un mois se passe sans que j'aie aucune nouvelle de Mongenod. Les Pl-ruviens n'avaient pas obtenu le grand succès sur lequel Mongenod comptait. J'y allai pour mon argent à la vingtième représentation, et j'y vis peu de monde. Madame Scio y était cependant fort belle. On me dit, au foyer, que la pièce aurait encore quelques représentations. Je vais sept fois chez Mongenod, je ne le trouve point, et, chaque .fois, je laisse mon nom à l'hôtesse. Je lui écris alors :

« Monsieur, si vous ne voulez pas perdre mon estime après avoir )) perdu mon amitié, vous me traiterez maintenant comme un }) étranger, c'est-à-dire avec politesse, et vous me direz si vous .») serez en mesure à l'échéance de votre lettre de change. Je me )) conduirai d'après votre réponse.

» Votre serviteur,

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