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À la vue de ce mécanisme , que le docteur fit jouer avec satisfaction leurs Grâces rougirent,.
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Mon silence l'enhardit, et il s’écria : Chère Minette
convenantes sur Puff, et qui m'apprit que la véritable devise de l’Angleterre était : Dieu et mon Droit. conjugal! Une nuit, j'entendis dans la rue la voix du Chat français. Personne ne pouvait nous voir : je grimpai par la cheminée, et, parvenue en haut de la maison, je lui criai : « À la gouttière! » Cette réponse lui donna des ailes, il fut auprès de moi en un clin d’œil. Croiriez-vous que ce Chat français eut l’inconvenante audace de s’autoriser de ma petite exclamation pour me dire : « Viens dans mes pattes! » Il osa tutoyer, sans autre forme de procès, une Chatte de distinction. Je le regardai froidement, et pour lui donner une leçon, je lui dis que j’appartenais à la Société de Tempérance.
— Je vois, mon cher, lui dis-je, à votre accent et au relâchement de vos maximes, que vous êtes, comme tous les Chats catholiques, disposé à rire et à faire mille ridiculités,en vous croyant quitte pour un peu de repentir; mais, en Angleterre, nous avons plus de moralité : nous mettons partout de la respectability, même dans nos plaisirs.
Ce jeune Chat, frappé par la majesté du cant anglais, m'écoutait avec une sorte d'attention qui me donna l’espoir d'en faire un Chat protestant. Il me dit alors dans le plus beau langage qu'il ferait tout ce que je voudrais, pourvu qu'il lui fût permis de m’adorer. Je le regardais sans pouvoir répondre, car ses Yeux, very beautiful, splendid,
brillaient comme des étoiles, ils éclairaient la nuit. Mon
silence l’enhardit, et il s’écria : — Chère Minette!
— Quelle est cette nouvelle indécence? m'écriai-Je, sachant les Chats français très-légers dans leurs propos.
Brisquet m’apprit que, sur le continent, tout le monde, le roi lui-même, disait à sa fille: Ma petite, Minelte, pour lui témoigner son affection; que beaucoup de femmes, et des plus jolies, des plus aristocratiques, disaient toujours : Mon petit Chat, à leurs maris, même quand elles ne les aimaient pas. Si je voulais lui faire plaisir, je l’appellerais: Mon petit Homme! Là-dessus il leva ses pattes avec une grâce infinie. Je disparus, craignant d’être faible. Brisquet chanta Rule, Brilannia! tant il était heureux, et le lendemain sa chère voix bourdonnait encore à mes
oreilles.
— Ah! tu aimes aussi, toi, chère Beauty, me dit ma mai-
tresse en me voyant étalée sur le tapis, les quatre pattes en avant, le corps dans un mol abandon, et noyée dans la poésie de mes souvenirs.
Je fus surprise de cette intelligence chez une Femme, et je vins alors, en relevant mon épine dorsale, me frotter à ses jambes en lui faisant entendre un ronron amoureux sur les cordes les plus graves de ma voix de contre-alto.
Pendant que ma maitresse, qui me prit sur ses genoux me caressait en me grattant la tête, et que je la regardais tendrement en lui voyant les yeux en pleurs, il se passait dans Bond-Street une seène dont les suites furent terribles
pour moi.
D'UNE CHATTE ANGEAISE. 107
Puck, un des neveux de Puff qui prétendait à sa succession , et qui, pour le moment, habitait la caserne des Life-Guards, rencontra my dear Brisquet. Le sournois capitaine Puck complimenta l’attaché sur ses succès auprès de moi, en disant que J'avais résisté aux plus charmants Matous de l'Angleterre. Brisquet, en Francais vaniteux, répondit qu'il serait bien heureux d’attirer mon attention , mais qu'il avait en horreur les Chattes qui vous parlaient de tempérance et de la Bible, etc.
— Oh! fit Puck, elle vous parle donc?
Brisquet, ce cher Français, fut ainsi victime de la diplomatie anglaise; mais il commit une de ces fautes impardonnables et qui courrouce toutes les Chattes bien apprises de l'Angleterre. Ce petit drôle était véritablement très-inconsistant. Ne s’avisa-t-il pas au Park de me saluer et vouloir causer familièrement comme si nous nous connaissions. Je restai froide et sévère. Le cocher, apercevant ce Français, lui donna un coup de fouet qui l’atteignit et faillit le tuer. Brisquet reçut ce coup de fouet en me regardant avec une intrépidité qui changea mon moral: je l'aimai pour la manière dont il se laissa frapper, ne voyant que moi, ne sentant que la faveur de ma présence, domptant ainsi le naturel qui pousse les Chats à fuir à Ja moindre apparence d’hostilité. Il ne devina pas que je me sentais mourir, malgré mon apparente froideur. Dès
ce moment, Je résolus de me laisser enlever. Le soir, sur
la gouttière, je me jetai dans ses pattes tout éperdue.